CCXX1I APPENDICE
Congratulation delà paix faite par sa majesté entre ses sujets h onzième jour d'août 1570, par Etienne Pasquier, Parisien, in-4°.
La Jeunesse d" Etienne Pasquier et sa suite; Paris, chez Petit-Pas. 1610, in-8°.
Pasquier nous avertit qu'il lit paraître ce recueil « au même point du détestable parricide de notre roi Henri le Grand '. »
L'épitre liminaire est mise sous le nom du Tourangeau André du Chesne : par là l'auteur s'était d'abord proposé, comme il le dit dans une lettre à Sainte-Marthe 2, de donner le change au public : mais il ne lui demeura pas et semble même n'avoir pas voulu longtemps lui demeurer inconnu. Voici le contenu du volume.
Il est divisé en deux parties.
La première , la Jeunesse de Pasquier, renferme IcMonophile, avec une ode de Jodellc qui le célèbre, les Colloques d'amour, les Lettres amoureuses, les Jeux poétiques, divisés en cinq parties; Paris, 1610, chez Petit-Pas, in-8°.
La seconde partie , sous le nom de la Suite de la Jeunesse, comprend la pastorale du Vieillard amoureux, la Congratulation au roi Charles IX en 1 570, divers sonnets selon les affaires du temps (c'està-dire plusieurs pièces sur des circonstances politiques). Puis on y voit des épitaphes en français, des versions françaises ou imitations du latin, des vers français mesurés ; enfin la Puce et la Main. Ce volume est de 799 pages.
Les Jeux poétiques ont été donnés à part. Bien qu'ils ne forment qu'une partie du précédent volume, ils portent un frontispice particulier, et ont paru séparés eux-mêmes en deux volumes. Le premier contient depuis la p. 331 jusqu'à la p. 492 de la Jeunesse et sa suite; le deuxième depuis la p. 493 jusqu'à 562 du même ouvrage. Les Colloques d'amour et les Lettres amoureuses, depuis la p. 245 jusqu'à la I». 328, viennent ensuite, et terminent le second volume. Ce n'est nullement une réimpression. On n'y trouve ni le Monophilc, ni la Pure et la Main.
Les poésies françaises ont de plus été réimprimées dans le 3e volume de l'édition des Lettres de 1619, dont elles remplissent le 3e volume.
1 lettres, XXI, 6. lui survint à cette époque même , s'é-
1 Même lettre : Pasquier y reconnais- taient glissées beaucoup de fautes dont
sait, de plus, que dans l'impression de il était honteux. ce livre, pur suite d'une maladie qui
BIBLIOGRAPHIE. CCXMII
2° Éditions des poésies latines.
Stephani Pasckasii, jurisconsnUi jmrisiensis ac in suprême Guitiarum senatu patroni, epigrammatum librisex; Parisiis, apad Pe- Irum l'HuilUer, 158? ',
Stcphani Pasehasii, jurisconsulti ac m senatu parisiensi patroni, poemata latina ; apudBeysium, 1585, in- 12 '*.
Cette édition renferme : 1° Iconum liber, cnm nonnullis Theodori Paschasii notis ( c'était le fils aine de Pasquier : ces notes sont Irèscourtes, et ne concernent qu'une petite partie des pièces); 2" Epi- (jnimmalum Hbri sex; 3° Epïlaphiorum liber.
On trouve à la Bibliothèque nationale un exemplaire de celle édition , chargé de corrections de la main de l'auteur : elles ont été suivies dans les éditions suivantes. Ce volume est classé sous la lettre Y et porte le n° 2542.
En premier lieu le nom de Paschasius, que Pasquier avait adopté en latin, comme l'atteste le début même desépigiammes, où il s'adresse au lecteur,
Pasquierns gallo ( nonien si forte requins) Nuncupor, at latio nomme Paschasius,
Ce nom, dis je, est partout effacé et remplacé par celui de Pasquierius.
On lit ensuite sur le premier feuillet, qui porte le frontispice, la note suivante de Pasquier : « Je suis d'avis qu'à la première impression qui sera faite on mette mes Icônes après mes six livres d'épigrammes , et puis mes épitaphes. et après tout cela les annotations de Pasquier (son fils Théodore) sur mes Icônes. »
Sur quelques feuilles blanches du volume on voit de nouvelles épitaphes ébauchées, entre autres celles de Ronsard et de Belleau, du duc Henri de Guise, et de Henri III , malheureusement peu lisibles.
1 Voy. la llibli<jtlu'(/nv de du Verdier. Pasquier à I.oisel (2i mars 1582 j, déjà Quant à La Croix du Maine, il annonce, citée : « Vous trouverez par ce que je en traitant des poésies françaises de vous envoie. qucj"ai enfin fait impri- Pasquier, qu'il fera mention autre part mer mes épigrammes... Depuis trois sedes OEnif's latines de Pasquier : mais maines qu'elles sont exposées en vente, cette promesse n'a pas été réalisée. Ou l'imprimeur en a venin les deux parts sait qu'il avait l'intention de donner ( tiers ), et jecroisqu'il besognera bienune Bibliothèque des écrivains latins; tôt à une seconde impression. » Kn ef- :11e ni point paru. fet , dans une lettre au même, égale-
2 On peut s'étonner qu'il sesoitécou- ment inédite et du 10 septembre 1532, lé trois ans entre la première et la l'asquier répète encore « que dans deux deuxième édition des Epigrammes; on moisson libraire réimprimera ses épilit eu. effet dans une lettre inédite de grammes .. » — Cf. Lvll., \, 12,
CCXMV APPENDICE.
Plusieurs pièces sont barrées; beaucoup de vers entièrement modifiés : cbangemenls qui ont été mis plus tard à profit. Mais pour ces pièces accessoires, je ne vois point qu'elles aient été reproduites dans l'édition postérieure.
Stephani Paschasii (sire Pasquierii) jurisconsutti, epigràmmatum libri VII, Iconum libri II, elTumulorum liber; Parisiis,apud Laur. Sonnium, 1G1S, in-10.
Par une lettre qu'il écrivit dans une vieillesse avancée, XXI, fi, Pasquier avait annoncé, en effet, qu'il avait augmenté ses /concs d'un deuxième livre et augmenté d'un septième livre ses épigrammes; il ajoutait qu'il laissait ces deux livres à Yarbitrage de ses enfants. Dans une autre lettre, XXI, 3, il rrnroijait les jésuites qui l'ont attaqué, et au premier rang Richeome, « au septième livre de ses épigrammes, où il leur adresse quelques vers, afin qu'ils ne l'accusent d'ingratitude. »
Ces additions, comme on voit, ne tardèrent pas à paraître ; mais elles ne furent pas réimprimées dans l'édition de 1723 , sans doute à cause de ce qui concernait les jésuites. Il n'est donc pas inutile d'en dire quelques mots. Voici d'abord le début du septième livre :
Acklita sex primis sunt Iia?e epigraramata libris :
Qualia post peperit tèmpus amonpie mei, Septimum et es istisvolui componere libium ..
Il contient 136 épigrammes nouvelles , dont plusieurs sont effectivement dirigées contre Richeome et Scribanius. Voici les vers qui le terminent :
Hos quondam ltisi, civilibus obmttis armis,
Juvit et in metlia ludere paee jocos.
Nec tuba, nec toga nie siudio revocavit ab isto :
Lex mihi laetari ; lex proba vita mihi.
Quant au deuxième livre des Portraits « ( Stephani Paschasii Iconum liber posterior ), il offre moins les traits distinctifs de quelques hommes que la peinture du caractère ou du sort de quelques peuples; la destinée des Romains est exprimée par le jeu de mots suivant :
Multorum praedo, multorum praeda fuisti.
i \u temps de Molière le genre des se. X, d'être en faveur auprès des beaux portraits n'avait pas cessé , comme ou esprits, le voit par {es Précieuses ridicule-: ,
BIBLIOGRAPHIE. CCXXV
En outre, i! représente dans de courtes pièces la physionomie des villes ou explique leur dénomination. Il consacre à Dijon le distique suivant :
Ciamabat Themis : odivi, mèa mœnia surit haec. Hinc divina suum Divio nomen liabet.
Il définit enfin la nature de certaines choses, telles que la concorde, la nature, et de certains attributs, tels que la pudeur, la jeunesse, etc.
Des jeux de mots forcés et d'étranges bizarreries (on vient d'en avoir un exemple) déparent les vers de ce livre. Quant au septième des épigrammcs, il n'est pas au-dessous de ceux qui l'avaient précédé.
- Le livre des Épithaphcs ou Tombeaux est aussi fort augmenté. Parmi les pièces nouvelles qu'il renferme on remarque une épitapbe de Loisel et deux autres consacrées par Pasquier aux (ils qu'il avait perdus , La Miraudière tué à Meung, et La Ferlandière mort dans son lit, mais après s'être illustré sur le champ de bataille; voici cette dernière :
Paschasius jacet hic (lux inclytus et pins idem :
Hoc vitre spéculum lu tilii, miles, liabe. Quitl sithonos docuit mediis dux fortis in armis;
Quid pietas fato dum réquietus obit.
Tous ces suppléments ont été pareillement omis dans l'édition de 1723.
3° Poésies collectives auxquelles Pasquier a pris part.
La Puce de madame des Roches, etc.; Paris, chez Abel l'Angelier, 1583,in-4°.
La Main de maître Pasquier, ou Œuvres poétiques sur sa vùàn; Paris, chez Michel Gadouleau, 1584, in-4°.
La Puce et la Main ont été réimprimées dans la Jeunesse d'Étienne Pasquier et sa suite, et dans le 3e volume de l'édition des Lettres de 1619.