‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 101 sur 147 · LE TOMBEAU D'EUCHARIS · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU D'EUCHARIS

ILlle n'est déjà plus et de ses heureux jours J'ai vu s'évanouir l'aurore passagère.

Ainsi s'éclipse pour toujours

Tout ce qui brille sur la terre.

Toi que son cœur connut , toi qui fis son bonheur ,

Amitié consolante et tendre,

MELANGES. i5

De cet objet chéri viens recueillir la cendre.

Loin d'un monde froid et trompeur, Choisissons à sa tombe un abri solitaire ; Entourons de cyprès son urne funéraire.

Que la jeunesse en deuil y porte avec ses pleurs

Des roses à demi fanées; Que les Grâces plus loin , tristes et consternées^ S'enveloppent du voile emblème des douleurs. Représentons l'Amour, l'Amour inconsolable

Appuyé sur le monument; Ses pénibles soupirs s'échappent sourdement ; Ses pleurs ne coulent pas; le désespoir l'accable.

L'instant du bonheur est passé; Fuyez, plaisirs bruyans, importune allégresse :

Eucharis ne nous a laissé Que la triste douceur de la pleurer sans cesse.

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