‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 103 sur 147 · A MESSIEURS DU CAMP DE SAINT-ROCH · texte numérisé non relu

A MESSIEURS DU CAMP DE SAINT-ROCH

Messieurs de Saint-Roch, entre nous,

Ceci passe la raillerie;

En avez-vous là pour la vie.

Ou quelque jour finirez-vous?

Ne pouvcz-voiis à la vaillance Joindre le talent d'abréger?

Votre ctcrncllo patience Ne se lasse point d'assiéger ; Mais vous mettez h bout la nôtre.

Soyez donc battans ou battus; Messieurs du camp et du blocus, Terminez de façon ou d'autre.

Terminez , car on n'y tient plus.

Fréquentes sont vos canonnades; Mais, hélas! qu'ont-clles produit?

Le tranquille Anglais dort au bruit De vos nocturnes pétarades ; , Ou s'il répond de temps en temps A votre prudente furie , C'est par égard, je le parie.

Et pour dire: «Je vous entends.»

Quatre ans ont dû vous rendre sages; Laissez donc là vos vieux ouvrages.

Quittez vos vieux retrancbemens, Retirez- vous, vieux assiégcans :

Un jour ce mémorable siège Sera fini par vos enfans, Si toutefois Dieu les protège.

Mes amis, vous le vovcz bien,

MELAJVGES.

Vos bombes ne bombardent rien; Vos bélandres et vos corvettes , Et vos travaux et vos mineurs, N'épouvantent que les lecteurs De vos redoutables gazettes; Votre blocus ne bloque point; Et grâce à votre heureuse adresse, Ceux que vous affamez sans cesse Ne périront que d'embonpoint.

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