‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 14 sur 147 · GRAVÉS SUR UN ORANGER · texte numérisé non relu

GRAVÉS SUR UN ORANGER

Oranger dont la voûte épaisse Servit à cacher nos amours.

Reçois et conserve toujours Ces vers, enfans de ma tendresse; Et dis à ceux qu'un doux loisir Amènera dans ce bocage.

Que si l'on mourait de plaisir, Je serais mort sous ton ombrage.

DIEU VOUS BENISSE.

C^UAND je vous dis, Dieu vous bénisse^

Je n'entends pas le Créateur ,

Dont la main féconde et propice

Vous donna tout pour mon Ijonheur ;

Encor moins le dieu d'hyménée,

Dont l'eau bénite infortunée

Change le plaisir en devoir:

S'il fait des heureux , l'on peut dire

Qu'ils ne sont pas sous son empire,

Et qu'il les fait sans le savoir.

Mais j'entends ce dieu du bel âge ,

Qui sans vous serait à Paphos.

Or apprenez en peu de mots

Comme il bénit, ce dieu volage.

Le Désir , dont l'air éveillé

Annonce assez l'impatience.

Lui présente un bouqviet mouillé

Dans la fontaine de Jouvence;

Les yeux s'humectent de langueur ,

Le rouge monte au front des belles ,

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