GRAVÉS SUR UN ORANGER
Oranger dont la voûte épaisse Servit à cacher nos amours.
Reçois et conserve toujours Ces vers, enfans de ma tendresse; Et dis à ceux qu'un doux loisir Amènera dans ce bocage.
Que si l'on mourait de plaisir, Je serais mort sous ton ombrage.
DIEU VOUS BENISSE.
C^UAND je vous dis, Dieu vous bénisse^
Je n'entends pas le Créateur ,
Dont la main féconde et propice
Vous donna tout pour mon Ijonheur ;
Encor moins le dieu d'hyménée,
Dont l'eau bénite infortunée
Change le plaisir en devoir:
S'il fait des heureux , l'on peut dire
Qu'ils ne sont pas sous son empire,
Et qu'il les fait sans le savoir.
Mais j'entends ce dieu du bel âge ,
Qui sans vous serait à Paphos.
Or apprenez en peu de mots
Comme il bénit, ce dieu volage.
Le Désir , dont l'air éveillé
Annonce assez l'impatience.
Lui présente un bouqviet mouillé
Dans la fontaine de Jouvence;
Les yeux s'humectent de langueur ,
Le rouge monte au front des belles ,