‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 30 sur 147 · LIVRE II. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE II. 3i

Ce triste espoir fait mon unique joie.

Soins importuns, ne me retenez pas.

Eléonore a juré mon trépas;

Je veux aller où sa rigueur m'envoie.

Dans cet asile ouvert à tout mortel.

Où du malheur on dépose la chaîne,

Où Ton s'endort d'un sommeil éternel,

Où tout finit, et l'amour et la haine.

Tu gémiras, trop sensible Amitié!

De mes chagrins conserve au moins l'histoire,

Et que mon nom sur la terre oublié

Vienne par fois s'offrir à ta mémoire.

Peut-être alors tu gémiras aussi.

Et tes regards se tourneront encore

Sur ma demeure, ingrate Eléonore,

Premier objet que mon cœur a choisi.

Trop tard, hélas! tu répandras des larmes.

Oui, tes beaux yeux se rempliront de pleurs.

Je te connais, et malgré tes rigueurs.

Dans mon amour tu trouves quelques charmes.

Lorsque la mort, favorable à mes vœux.

De mes instans aura coupé la trame.

Lorsqu'un tombeau triste et silencieux Renfermera ma douleur et ma flamme; O mes amis! vous que jaurai perdus.

Allez trouver cette beauté cruelle.

Et tlites-lui: c'en est fait, il n'est plus. Puissent les pleurs que j'ai versés pour elle M'etre rendus !... Mais non; dieu des Amours, Je lui pardonne: ajoutez à ses jours ïjes jours heureux que m'ôta l'infidelle.

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