‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 44 sur 147 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Voici le lit commode où riieiireuse licence Remplaçait par degrés la mourante pudeur. Importune vertu, fable de notre enfance, Et toi vain préjugé, fantôme de Thonneur, Combien peu votre voix se fait entendre au cœur! La nature aisément vous réduit au silence; Et vous vous dissipez au flambeau de l'Amour, Comme un léger brouillard aux premiers feuxdu jour. Momens délicieux, où nos baisers de flamme , Mollement égarés, se cherchent pour s'unir. Où de douces fureurs s'emparant de notre âme. Laissent un libre cours au bizarre désir ; Momens plusenchanteurs , mais prompts à disparaître, Où l'esprit échauffé, les sens , et tout notre être. Semblent se concentrer pour hâter le plaisir , Vous portez avec vous trop de fougue et d'ivresse ; Vous fatiguez mon cœur qui ne peut vous saisir; Et vous fuyez surtout avec trop de vitesse: Hélas! on vous regrette avant de vous sentir. Mais non , l'instant qui suit est bien plus doux encore : Un long calme succède au tumulte des sens; Le feu qui nous brûlait par degrés s'évapore; La volupté survit aux pénibles élans ; L'âme sur son bonheur se repose en silence; Et la réflexion, fixant la jouissance, S'amuse à lui prêter un charme plus flatteur. Amour, à ces plaisirs l'effort de ta puissance Ne saurait ajouter ({u'un peu plus de lenteur.

48 POÉSIES ÉROTIQTJES.

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