‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 69 sur 147 · ÉLÉGIE X · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE X

Par cet air de sérénité, Par cet enjoûment affecté , D'autres seront trompés peut-être ; Mais mon cœur vous devine mieux , Et vous n'abusez point des yeux Accoutumés à vous connaître.

L'esprit vole à votre secours, Et, malgré vos soins, son adresse Ne peut égayer vos discours ; Vous souriez, mais c'est toujours TjC sourire de la tristesse.

Vous cachez en vain vos douleurs , Vos soupirs se font vm passage ; Les roses de votre visage Ont perdu leurs vives couleurs. Déjà vous négligez vos charmes; Ma voix fait naître vos alarmes, Vous abrégez nos entretiens.

Et vos yeux noyés dans les larmes Evitent constamment les miens.

Ainsi donc mes peines cruelles Vont s'augmenter de \os chagrins!

]Malgré les dieux et les humains , Je le vois, nos cœurs sont fidèles.

Objet du plus parfait amour , Unique charme de ma vie, G maîtresse toujours chérie, Faut-il te perdre sans retour!

Ah! faut-il que ton inconstance Ne te donne que des tourmens !

Si du plus tendre des amans La prière a quelque puissance, Trahis mieux tes premiers sermens :

Que ton cœur me plaigne et m'oublie.

Permets à de nouveaux plaisirs D'effacer les vains souvenirs Qui causent ta mélancolie.

J'ai bien assez de mes malheurs.

J'ai pu supporter tes rigueurs.

Ton inconstance , tes froideurs , Et tout le poids de ma tristesse; Mais je succombe, et ma tendresse Ne peut soutenir tes douleurs.

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