LX M TE
J*ai tranche sur le point qui paraissait Tinquie'ter.
BÉGEARSS
Il en est un, monsieur, qui m*inquiète beaucoup plus ; je vous trouve un air accablé...
LE COMTE
Te le dirai-je , ami ! la perte de mon fils me semblait le plus grand malheur. Un chagrin plus poignant fait saigner maïblessure , et rend ma vie insupportable.
BÉGEARSS
Si vous ne m*aviéz pas interdit de vous contrarier là-dessus, je vous dirais que votre second fib...
3a LA MÈRE COUPABLE.
LE c H T B , vivement.
Mon second fils! je n*«a ai point!
BÉGEAaSS.
Calmez-Yous , monsieyr ; raisonnons. La perte d'un enfant chéri peut vous rendre injuste envers Tautre, envers votre épouse , envers vous. Est-ce donc sur des conjectures qu'il faut juger de pareils faits ?
LE COMTE
Des conjectures ? Ah ! j'en suis trop certain ! Mon grand chagrin est de manquer de preuves. — r Tant que mon pauvre fils vécut , j'y mettab fort peu d'importance. Héritier de mon nom , de mes places , de ma fortune...
que me faisait cet autre individu ? Mon froid dédain , un nom de terre , une croix de Malte y une pension , m'auraient vengé de sa mère et de lui ! Mais , conçois-tu mon déses— potf , en perdant un fils adoré, de voir un étranger succéder à ce rang , à ces titres ; et , pour irriter ma douleur, venir tous les jours me 'donner le nom odieux de son père?
BÉGEARSS
Monsieur, je crains de vous aigrir en cherchant à vous apaiser ; mais la vertu de votre épouse...
ACTEl, SCÈNE VI. 33
Il E COMTE, at^ee colère.
Ah! ce n'est qu'un crime de plus. Couvrir d'oue vie ezemplaire^un afiront tel que celuilà ! Commander vingt ans par ses mœurs et la piétë la plus sévère , l'estime et le respect , du monde ; et verser sur moi seul , par cette conduite affectée, tous les torts qu'enlraine après soi ma prétendue bizarrerie..* ! Ma haine pour eux s'en augmente.
BÉGEARSS
Que vonliez-vous donc qu'elle fit? Même en la supposant coupable , est-il au monde quelque faute qu'un repentir de vingt années ne doive effacer à la fin ? Fûtes-vous sans reproche vous-même? Et cette jeune Florestine, que vous nommez votre pupille, et qui vous touche de plus près... '
LE COMTE
Qu'elle assure donc ma vengeance ! Je dé^ natiirerai mes biens , et les lui ferai tous pasler. Déjà trois millions d'or , arrivés de la Vera-Crux , vont lui servir de dot ; et c'est à toi que je les donne. Aide-moi seulement à jeter sur ce don un voi|e impénétrable. En acceptant mon portefeuille , et te présentant
34 LA MËRE COUPABLE.
comme ëpour, suppose uq héritage , un legs cle quelque parent éloigne.^ v£6EAB.S8, montrant le crêpe de ton hras^ Voyez que pour vous obéir je me suis déjà mis en deuil.
LE COMTE
Quand j*aurai Tagrément du roi pour rechange entamé de toutes mes terres d^Ëspagne contre des biens dans ce pays , je trouverai moyen de vpus en assurer la possession à tous deux.
BÉGEARSS, vivement.
Et moi ^ je n'en veux point. Croyee^voos.
que, sur des soupçons.*, peut-è^re encore trèsr peu fondés, j^irai me rendre le complice de lar spoliation entière de Phéritier de votre nom? d*un jeune homme plein de mérite ; car il faut avouer qu*il en a...
LE COMTE, impatienté.
Plus que mon fils, voules-vous dire ? Cha^ cun le pense comme vous ; cela m*irrite contre lui... !
BÉGEARSS
Si votre pupille m^accepte ; et si , sur vos grands biens , vous prélevés , pour la ^oter ,