‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 6 sur 198 · FI6AR · texte numérisé non relu

FI6AR

Encore faut-il bien s'expliquer pour s'assurer que Ton s'entend ! N'est-il pas ave'ré pour nous que cet astucieux Irlandais , le fléau de cette famille , après avoir chiffré » comme secrétaire, quelques ambassades auprès du Comte , s'est emparé de leurs secrets à tous ? que ce profond machinateur a su les cntrai- Qer, de l'indolente Espagne, en ce pays,

ao LA MÈRE COUPABLE.

remue de fond en comble , espérant y mieux profiter de la désunion où ils vivent, -pour séparer le mari de la femme , épouser la pupille , et envahir les biens d'une maison qui se délabre?

SUZANNE

Enfin , moi l que puis-je à cela ?

FIGARO

Ne jamais le perdre de vue ; me mettre au cours de ses démarches.

SUZANNE

Mais je te rends tout ce qu'il dît.

FIGARO

Oh ! ce qu'il dît... n'est que ce qu'il veut dire! Mais saisir , en parlant, les mots qui lui échappent , le moindre geste , un mouvement; c'est là qu'est le secret de l'âme! il se trame ici quelque horreur ! il faut qu'il s'en croie assuré ; car je lui trouve un air... plus faux , plus perfide , et plus fat ; cet air des sots de ce pays , triomphant avant le succès ! Ne peux-tu être aussi perfide que lui? l'amadouer, le bercer d'espoir ? quoi qu'il demande , ne pas le refuser... ?

SUZANNE

C'est beaucoup !

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