ACTE IV , SCÈNE I. a
qu'une dot arrâichëe à rExcellence , en Toîlà deux dans nos mains , qui ne sortent pas des siennes. Une rivale acharnëe te poursuivait ; jVtais tourmenté par une furie ! Tout cela s*est cbangé , pour nous , dans la plus bonne des mères. Hier , j*étais comme seul au monde ; et voilà que j*ai tous mes parens ; pas si mal^ifiques ^il est vrai , que {e me les étais galonnés , mais assez bien pour nous , qui n*a- Tons pas la vanité des riches.
Aucune des choses que tu avais disposées , que nous attendions , mon ami , n'est pour^ tant arrivée l
FIGARO
Le hasard a mieux fait que nous tous , ma petite : ainsi va le monde ; on travaille , on projette , ou arrange d'un côté ; la fortune accomplit de l'autre ; et depuis l'af&mé conquérant qui voudrait avaler la terre, jusqu'au paisible aveugle qui se laisse' mener par 'son chien , tous sont le jouet de.ses caprices ; encore l'aveugle au chien est-il souvent mieux conduit , moins trompé dans se» vues , que l'autre aveugle avec sou entourage. — Pour
ao.
aH LE MARIAGE DE FIGARO.
cet aimaUe aveugle qu*<m nctome Amour...
( Il la reprend tendrenunt a bras le corps. )
Ah ! c*est le seul (|ui mMntéresse \
FIGARO
Ferihets donc que , prenant Remploi de la Folie y je sois le bon chien qui le mène h ta }olie mignonne porte, et nous Voilà logés pour la vief.
ÉvzA^TSZf riant.
UAmcrur et (oi ?
Moi et TAmour.
SUZANNE
Et vous né chercheret pas <I*atftre gîte f
FIGARO
• Si tu mV prends^ je veu» hien que aàil^f million» de gadans...
s U C A V V Sv
, Tu taa etigérer : èis ta bonde ▼ërité^'
FIGARO
Ma vérité la plus vraicr î
8 u Z À N Nlf.
Pî donc , tîlaîn ! Eit a-t-'on plosieui^ ?
ACtî: IV, SCÈNE ï. 335
FIGARO
Ob! qnt ôtd. Depuis gu*oxi a i^emàrque ^u^avec le temps vieilles folies deviennent ssh ^èsse , et qu^àncîens petits mensonges as^et mal plantas ont produit de grosses , grosse» vérités, on en a de mille epèc6s.£t celles qu*on sait , sans oser les divtdguer ; car toute vérité n*est pas bonne à dire ; et celles qu'oit vante sans y ajouter foi ;• cttr toute vérité n'est pas lM>nne à croire ; et les sermen» passionnés , les menaces des mères , les protestations des buteurs , les pronïesses des gens en place ^ le denrier iftot de nos marchands; cela ne finit pas. Il n*y a ^e mon amour pour Surdon qui toit uve vérité de bon aloiv
l*aime ta {oie , parce qu'elle est folTe ; elle Annonce que tu es heureux. Parlons du rendcz^vons du Comte^
FIGARO
Ou plutdt n'en parlons jamais ;' il ^ failli tue êèùier Sutadiie.
fu ne tevûr donc plus c|u'il aif lieu ?'
FI&ARO
£» tous Bft'aimez f Snson ,. votre })arVkfe
!i36 LE MARIAGE DE FIGARO.
d*honneùr sur ce point : quUl. s*y morfonde ; et c*est sa punition.
SUZAlNHK.
Il m*en a plus coûté de Taccorder , que je n*ai de peine à le rompre : il n'en sera plu». question* .
: Fie AS, a ' • Ta bonne vérité.?.
SUZAHNK.
Je ne suis pas comme vous autres sarans ; moi, ye^n*en ai qu'une.
FIGARO
Et tu m'aimeras un peu ?
SUZAMiïE.
Beaucoup.
FieARO.
Ce n'est guëre.
SUZAHNK.
Et comment ?
FIGARO
En fait d*amour, vois^tu, trop n'est, pas mèiùe assez.
âuzAirNE.
, Je n'entends pas toutes c^ finesses } mais je n'aimerai que mon mari.