‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 17 sur 165 · ACTE I, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Vil

SUZAITNS le contrefait.

ChérubiD , quelque sottise !

CHÉHVTBIN.

Il in*a trouvé hier au soir chez ta cousine Fanchettë , à qui je faisais répéter son petit ri^Ie d'innocente, pour la fête de ce soir : il «'est mis dans une fureur , en me voyant !

« Sortez , m'a-t-il dit , petit... » Je n*ose pas prononcer devant une femme, le gros mot ^'il a dit: « Sortez; et demain vous ne « coucherez pas au château ». Si Madame , si ma belle marraine ne parvient pas à Tapaiser , c'est fait , Suzon ; )e suis âi jamais privé du bonheur de te voir.

SUZAKNE.

De me voir ! moi ? c'est mon tour ! Ce n'est donc plus pour ma maîtresse que vous soupirez en secret?

GHiRUBiy.

Ah , Suzon ! qu'elle est noble et belle ! mais qu'elle est imposante !

SUZANNE

C'est-à-dire que je ne le suis pas , etqu'o'n peut oser avec moi...

GBÉRITBIK.

Tu sais trop bien , méchante , que je n'ose pas oser. Mais que tu es heureuse ! à tous mo-

mens la voir > lui parler , l^habiller le matin et la déshabiller le $air , épingle à e'pingle^.. Ah ! Suzon ! je doimemb^-. Qu'est-ce que tu tiens «Uopc là? '

~ • 5 u z AN N B , raillant.

Hélas;.! rheureaxbon««i et je fortuné ruban ; qui r^nf«rmejit la.nuii Us cheveux, de cette belle marrahie...

CHÉRUBIN, vivement.

SolirMban de nuit! Donne-le-moi ^mon* coeur.

svzAWE f le retirant.

Eh , que non pas. — Son coeur ! Comme il est familier donc ! Si ce n^étaît pas un mor-' veux sans conséquence... ( Chérubin arrache le ruban, ) Ah , le ruban !

GHÉRUBiN tourne autour du grand fauteuil. -

Tu diras qu*il est égaré , gâté ; qu'il est perdu. Tu diras tout ce que tu voudras, s u z A M N z tourne après lui.

Oh ! dans trois ou quatre ans , )e prédis que vous serez le plus grand petit vaurien...! Rendez - vous le ruban ? ( Elle veut le re-' prendre. )

CHÉRUBIN tire une romance de sa poche.

Labse , ah ! laisse-le-moi , Suzon ; je te donnerai ma romance, et pendant que le

Page 1