ACTE II, SCÈNE VL i3t
SUZANNE s'assied près de la Cointetse.
Et la plus belle de foutes. ( EUe chante avec des épingles dans sa bouche, )
Tonraei-vons donc enTeri ici ^ Jean de L^ra , mon bel ami.
( Chérubin se met à genoux , elle Je coiffe, } Madame , il est cbarmant !
LA COMTSSSS.
Arrange son collet , d*un air un peu plus féminin.
SUZANNE l'arrange.
Là... Mais voyez donc ce morveux , commç il est joli en fille ! J'en suis jalousç , moi ! ( Elle lui prend le menton. ) Voulez-vous bien n*étre pas joli comme ça?
LA COMTESSE
Quelle est folle ! Il faut relever la manche , afin que Tamadis prenne mieux... (Elle le retrousse, ) Qu*est - ce quUl a donc au bras f Un ruban !
Et un ruban à veus. Je suis bien aise
que Madame Tait vu. Je lui avais dit que
je le dirais , déjà. Oh ! si Monseigneur
n*était pas venu, )*aurais bien repris le
i32 L£ MARIAGE DE FIGARO.
ruban ; car je suis presque aussi forte que lui.
LA COMTESSX.
11 y a du sang, {£Ue détache le ruhan,)
GHéRUKiK, honteux.
Ce matin, comptant partir, ^arrangeais la gourmette de mon cheval ; il a donné de la tète , et la bossette m*a edleuré le bras.
lA COMTESSE.
On n*a jamais mis un ruban...
SUZANKE.
' Et sur -tout un ruban volé.—- Voyons don'c ce que la bossette... la courbette... la cornette du cheval... Je n'entends rien à tous .ces noms-là. — Ah ,'qu'il a le bras blanc ! c*est comme une femme ! plus blanc que le mien !
Regardez donc , Madame ? ( Elle les cous-
pare- )
LA coarTESSE^ d'un ton glacé:
Occupes-vous plutôt de m'avoir du taffetas gommé , dans ma toilette. ( Suzanne tuî pousse la tcte en riant ; il tombe sur les deux . mains» Elle entre dans le cabinet au bord d^ théâtre, ) .