ACTE II, SCÈNE XUC. i
LE COMTE
Au lieu de rappeler mes torts , aide-moi plutôt à l'apaiser.
LA COMTESSE
Non , monsieur , un pareil outrage ne se couvre point. Je vais me retirer aux Ursulines , et je vois trop qu'il en est temps.
LE COMTE
Le pourries-TOus sans quelques regrets ?
SUZAIfNk.
Je suis sûre , moi , que le jour du départ serait la veille des larmes.
LA COMTESSE
£h ! quand cela serait , Suson ; j'aime mieux le regretter , que d'avoir la bassesse de lui pardonner ; il m'a trop ofTensée.
LE COMTE
Rosine.;. !
LA COMTESSE
Je ne la suis plus , cette Rosine que vous avez tant poursuivie 1 je suis la pauvre comtesse Almaviva , la triste femme délaissée que vous n'aimez plus.
SUZANNE
Madame !
LE COMTE, tuppUant»
Par pitié !
LA COMTESSE
Vous n'en aviez aucune pour moi.
LE COMTE
Mais aussi ce billet... Il m*a tourné le sang l
LA COMTESSE
Je n*ayais pas consenti qu*on l'écrivît.
LE COMTE
Vous le saviez ?
Z.A COMTESSE
C'est cet étourdi de Figaro...
LE COMTE
Uenét^it?
LA COMTESSE
'•..Qui l'a remis à Bazile.
LE COMTE
Qui m'a dit le tenir d'un paysan. O perfide chanteur ! lame à deux tranchans ! c'est toi qui paiera pour tout le monde.
Vous demandez pour vous un pardbn que vous refusez aux autres : voilà bien les hommes! Ah ! si jamais je consentais à pardonner en faveur de Terreur où vous a jeté ce billet , l'exigerais que l'amnistie fût générale.
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