‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 86 sur 165 · ACTE m, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE V

LE COMTE

... Il ne £iudrait qu'étudier un peu sous moi la politique.

FIGARO

Je la sais.

LE COMTE

Comme l*anglais , le fond de la langue !

F I G AR o. Oui, s'il y avait ici de quoi se vanter. Mais , feindre d'ignorer ce qu'on sait , de savoir tout ce qu'on ignore; d'entendre ce qu'on ne comprend pas , de ne point ouïr ce qu'on entend ; sur-tout de pouvoir au-delà de ses forces : avoir couvent pour grand secret , de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler des plumes , et paraître profond , quand on n'est , comme on dit , que vide et creux : jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets ; intercepter des lettres , et tâcher d'ennoblir la pauvreté des moj'^ens , par l'importance des objets : voilà toute la politique , ou je meure !

£h 1 c'est l'intrigue que tu définis !

FIGARO

La politique , Fintrigue , volontiers ; mSulsy comme je les crois un peu germaines , en fasse qui voudra. « J*aime mieux ma mie au gué» , comme dit la chanson du bon roi.

LE COMTE, à paît.

Il veut rester. J*entends... Suzanne m*a trahi.

FIGARO, à part.

Je Fenfile et le paie en sa monnaie.

LE COMTE

Ainsi tu espères gagner ton procès contre Marceline ?

Me feriez -vous un crime de refuser une vieille fille , quand votre Excellence se permet de nous souilQer toutes les'jeunes ?

LE COMTE, raillant.

Au tribunal, le magistrat s'oublie^ et ne voit plus que l'ordonnance.

FIGARO

Indulgente aux grands , dure aux petits...

LE COMTE

Crois-tu donc que je plabante ?

FIGARO

Eh ! qui le sait , Monseigneur ? Tempo è

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