‹ Œuvres choisies de BeaumarchaisChapitre 82 sur 181 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Madame MURER, SIR CHARLES, EUGÉNIE , sortant de sa chambre, Voir troublé, Vhahillement en désordre, les che^ veux à bas y sans collier ni rouge, et absolu^ ment décoiffée.

Qu*aî-je entendu ? Mon frère-.

SIR CHARLES, lui baisant la main.

Chère et malheureuse Eugénie! sî je n*ai

pu prévenir le crime, au moins j^aurai la triste

satisfaction de le punir.

EUGÉNIE, cherchant à le retenir.

Arrêtez... Quel fruit attendez-vous... ?

SIR CHARI.BS, avec fermeté.

Ma saur , quand on n*a plus le choix des moyens , il faut se faire une vertu de la nécessité.

EUGÉNIE, d'une voix altérée.

Vous parlez de vertu ! et vous allez égorger votre semblable !

SIR. CHARlES, indigné.

Mon semblable ! un monstre !

^ eutîenïe;

II TOUS a sarivé la 'vie.

SIR cHÂaLES, fièrement.

Je ne lui dois plus riîui»

EUGÉNIE, éperdue, .Grand Dieu! sauvez-moi de mon desês^ poir... Mon frère, au nom de la tendresse , et sur-tout au nom du malheur qui m*accâ— ble... Serai -je moins infortunée , moins perdue , quand le nom d'un parjure... quand son sourenir^era effacé sur la terre...? {Plus fort,) Et si^yotre présomption se trouvait punie par le fer de votre ennemi, quel coup affreur pour un père ! Vous , Tappui de sa vieillesse , vous allez mettre au hasard cette vie dont i] à tant besoin... ! ÇP'une voix brisée,) pour un* malheureuse fille que tous vos efforts ne peuvent plus sauver. Je vais mourir. (Madame fHure'r se jette sur un siège contre la table et ap-^ puie ia tête dessus, )

SIR CHA,Ri.ES, avec feu.

Tu livras... pour jouir de ta vengeance, s p « é N I B , désespérée, du ton le plus violent.

Non : je n*en suis pas digne. En faut-il des preuves? Ah! je me méprise trop pour les dissimuler. Tout perfide qu'il est, mon cœur

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