PRÊCHÉ A PARIS CHEZ LES RR. PP. MINIMES DE LA PLAGE ROYALE EN
Séparation du monde, union intime avec Jésus-Christ, droit particulier sur les biens de Dieu, trois avantages qu'a donnés à François de Paule l'intégrité baptismale.
Fili, tu semper mecum es, et omnia mea tua sunt.
Mon fils, vous êtes toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à vous. (Luc, xv. 31.)
Je ne pouvois désirer, Messieurs, une rencontre plus heureuse ni plus favorable, que de faire ici mon dernier discours, en produisant dans cette audience le grand et admirable saint François de Paule. L'adieu que doivent dire aux fidèles les prédicateurs de l'Évangile ne doit être autre chose qu'un pieux désir, par lequel ils tâchent d'attirer sur eux les bénédictions célestes; et c'est ce que fait l'apôtre saint Paul, lorsque, se séparant des Ëphésiens, il les recommande au grand Dieu, et à sa grâce toute-puissante : « Et nunc commendo vos Deo, « et verbo gratiae ipsius '. » Je^-ne doute pas, Chrétiens, que les vœui de ce saint apôtre n'aient étêi&uivis de l'exécution; mais ne pouvant pas espérer un pareil effet de prières comme les miennes, ce m'est une consolation particulière de vous faire paroître saint François de Paule pour vous bénir en Notre-Seigneur. Ce sera donc ce grand patriarche qui, vous trouvant assemblés dans une église qui porte son nom, étendra aujourd'hui les mains sur vous; ce sera lui qui vous obtiendra les grâces du ciel, et qui, laissant dans vos esprits l'idée de sa sainteté et la mémoire de ses vertus, confirmera par ses beaux exemples les vérités évangéliques qui vous ont été prêchées durant ce carême. Animé de cette pensée, je commencerai ce discours avec une bonne espérance; et de peur qu'elle ne soit vaine, je prie Dieu de la confirmer par la grâce de son Saint-Esprit, que je lui demande humblement par l'intercession de la sainte Vierge. Ave.
Ne parlons pas toujours du pécheur qui fait pénitence, ni du prodigue qui retourne dans la maison paternelle. Qu'on n'entende pas toujours dans les chaires la joie de ce père miséricordieux, qui a retrouvé son cadet qu'il avoit perdu. Cet aîné fidèle et obéissant, qui est toujours demeuré auprès de son père avec toutes les soumissions d'un bon fils, mérite bien aussi qu'on loue quelquefois sa persévérance. Il ne faut pas laisser dans l'oubli cette partie de la parabole; et Tinno-