SERMON SUR
assemblés proposèrent d'abord la règle « qu'ils avoient reçue , disoientils, des pontifes apostoliques et des autres Pères. » Ils ajoutèrent ensuite, comme un fondement incontestable , que le jugement dç toute l'Église paroissoit principalement dans le saint-siége apostolique '. » Ce ne fut pas sans remarquer l'ordre canonique avec lequel les affaires y dévoient être portées, afin que ce jugement eût toute sa force; et la conclusion fut que « les pontifes apostoliques ne doivent pas révoquer les sentences des évêques, » contre cet ordre canonique : « parce que, comme les membres sont obligés à suivre leur chef, il ne faut pas aussi que le chef afflige ses membres. »
Comme c'a toujours été la coutume de l'Église de France de proposer les canons, c'a toujours été la coutume du saint-siége d'écoater volontiers de tels discours; et le même concile nous en fournit un exemple mémorable. Un évêque ' s'étoit plaint au même pape Jean XVIII, d'une absolution que ce pape avoit mal donnée au préjudice de la sentence de cet évêque. Le pape lui fit cette réponse vraiment paternelle, qui fut lue avec une incroyable consolation de tout le concile ' : « C'est votre faute, mon très-cher frère, de ne m'avoir pas instruit; j'aurois confirmé votre sentence, et ceux qui m'ont surpris n'auroient remporté que des anathèmes. A Dieu ne plaise, poursuit-il, qu'il y ait schisme entre moi et mes coévêques ! je déclare à tous mes frères les évêques, que je veux les consoler et les secourir, et non pas les troubler ni les contredire dans l'exercice de l^ur ministère. » A ces mots, « tous les évêques se dirent les uns aux autres: C'est à tort que nous osons murmurer contre notre chef; nous n'avons à nous plaindre que de nous-mêmes, et du peu de soin que nous prenons de l'avertir. »
Vous le voyez. Chrétiens : les puissances suprêmes veulent être instruites, et veulent toujours agir avec connaissance. Vous voyez aussi qu'il y a toujours quelque chose de paternel dans le saint-siége, et toujours un fond de correspondance entre le chef et les membres, qui rend la paix assurée; pourvu qu'en proposant la règle on ne manque jamais au respect que la même règle prescrit. L'Église de France aime d'autant plus sa mère l'Église romaine, et ressent pour elle un respect d'autant plus sincère, qu'elle y regarde plus purement l'institution primitive et l'ordre de Jésus-Christ. La marque la plus évidente de l'assistance que le Saint-Esprit donne à cette mère des Églises, c'est de la rendre si juste et si modérée, que jamais elle n'ait mis les excès parmi les dogmes. Qu'elle est grande, l'Église romaine, soutenant toutes les Églises, « portant, dit un ancien pape % le fardeau de tous ceux qui souffrent, » entretenant l'unité, confirmant la foi, liant et déliant les pécheurs, ouvrant et fermant le ciel! Qu'elle est grande, encore une fois, lorsque pleine de l'autorité de saint Pierre, de tous les apôtres, de tous les conciles, elle en exécule, avec autant de force que de discrétion, les salutaires décrets! Quelle a été sa puis-