‹ Œuvres choisies de Bossuet (volume 3)Chapitre 64 sur 221 · Luc. IX, k · texte numérisé non relu

Luc. IX, k

prêtez-leur vos mains, prêtez-leur vos voies. La main prend un bâton pour soutenir le corps au défaut du pied.

Exhortation, considérant la miséricorde que nous recevons de Jésus- Christ : que lui rendrons-nous? il n'a que faire de nous. Empressement de la reconnoissance : Sauveur, je meurs de honte de recevoir vos bienfaits sans rien rendre; ionnez-moi le moyen de les reconnoltre. Pressé par ces raisons que la gratitude inspire, il dit : Je te donne les pauvres; ce que tu leur feras, je le tiens pour reçu aux mêmes conditions qu'eux : je veux entrer en leur place. Ne le crois-tu pas? C'est lui qui le dit. Il a dit que du pain c'étoit son corps; tu le crois et tu l'adores. Il a dit qu'une goutte d'eau lavoit nos péchés: tu le crois, et tu conduis tes enfants à cette fontaine. Il a dit qu'il étoit en la personne des pauvres: pourquoi refuses-tu de le croire? si tu refuses de le croire, tu le croiras et tu le verras, lorsqu'il dira : «Infir- « mus, et non visitastis me ' : » « J'ai été malade, et vous ne m'avez pas visité. » L'homme devant Dieu, demandant de le voir dans sa gloire : Tu ne m'as pas voulu voir dans mon infirmité : une troupe de misérables s'élèvera : Seigneur, c'est un impitoyable. C'est pour cela que le mauvais riche voit Lazare au sein d'Abraham. Au contraire, ces pauvres vous recevront dans les demeures éternelles : <c Récipient vos « in seterna tabernacula '. »

Employer à cela le crédit et l'autorité : elle s'évanouira en l'autre monde. Voulez-vous qu'elle vous y serve, employez-la au ministère des pauvres.

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