‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 102 sur 210 · Lyd. Valdens., tom. I-, Roterod · texte numérisé non relu

Lyd. Valdens., tom. I-, Roterod

3. Syn. Prag., an. 1431, ap Lyd., pag. 304 et an. 1434; ibid-, pag. 332, 354.

4. Dis. cum Rokys., can. 15; 'Ant. lect., tom. III, 2 part. — 5. ibid., pag. 472.

lui-même ménagé l'accommodement, dans l'espérance qu'il avoit conçue, qu'après un si grand service le pape se porteroit aisément à le pourvoir de l'archevêché de Prague, qui étoit l'objet de ses vœux'. Mais le pape, qui ne vouloit pas commettre les âmes et le dépôt de la foi à un homme si factieux, donna cette prélature à Budovix, autant supérieur à Roquesane en mérite qu'en naissance. Tout manqua par cet endroit. La Bohême se vit replongée dans des guerres plus sanglantes que toutes les précédentes : Roquesane, malgré le pape, s'érigea en archevêque de Prague, ou plutôt en pape dans la Bohême; et Pogiebrac qu'il éleva par ses intrigues à la royauté ne lui pouvoit rien \?fuser.

Durant ces troubles, des gens de métier qui commençoient à gronder dès le règne précédent, se mirent plus que jamais à parler entre eux de la réforme de l'Église. La messe, la transsubstantiation, la prière pour les morts, les honneurs des saints et surtout la puissance du pape les choquoit. Enfin ils se plaignoient que les calixtins « romanisoient en tout et partout, à la réserve de la coupe2. » Ils entreprirent de les corriger. Roquesane irrité contre le saint Siège leur parut un instrument propre à entreprendre cette affaire. Rebuté par ses superbes réponses qui ne respiroient que l'amour du monde, ils lui reprochèrent son ambition; qu'il n'étoit qu'un mondain, et qu'il les abandonneroit plutôt que ses honneurs. En même temps ils mirent à leur tête un Kelesiski, maître cordonnier, qui leur fit un corps de doctrine qu'on appela « les formes de Kelesiski. » Dans la suite ils se choisirent un pasteur nommé Mathias Convalde, homme laïque et ignorant; et, en l'an 1467, ils se séparèrent publiquement des calixtins, comme les calixtins avoient fait de Rome. Telle a été la naissance des frères de Bohême; et voilà ce que Camérarius, et eux-mêmes, tant dans leurs Annales que dans leurs Apologies et dans les préfaces de leurs Confessions de foi, nous racontent de leur origine : si ce n'est qu'ils mettent leur séparation en 1457; et il me paroît plus net de la mettre dix ans après en 1467, dans le temps qu'ils marquent eux-mêmes la création de leurs nouveaux pasteurs.

Je trouve ici un peu de contradiction entre ce qu'ils racontent de leur histoire dans leur apologie de 1532, et ce qu'ils en disent dans la préface de 1572 : car ils disent dans cette préface qu'en 1457, dans le temps qu'ils se séparèrent d'avec les calixtins, ils étoient un peuple ramassé de toute sorte de conditions3, et dans leur Apologie de 1532, où ils étoient un peu moins fiers, ils reconnoissent franchement qu'ils étoient ramassés « du menu peuple et de quelques prêtres bohémiens en petit nombre, tous ensemble un très-petit nombre de gens, petit reste et méprisables ordures, » ou, comme on voudra traduire, « miserabiles quisquiliœ, laissées dans le monde par Jean Hus4. » C'est ainsi qu'ils se séparèrent des Cal^tins, c'est-à-dire des seuls hussites qui

i. Cames, hist. narr. Apol. fralr., pag. 115, etc. — 2. Apol., 1532, 1 part. 3. Camer. De eccles. frat., pag. 67, 84, etc.; Apol. (rat., 1532, 1 part.

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