‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 116 sur 210 · Act. auth. Blond., pag. 59. — 2. Ibid., pag · texte numérisé non relu

Act. auth. Blond., pag. 59. — 2. Ibid., pag

leur faire voir leur union par une Confession de foi aussi reçue entre eux tous, que l'étoit celle d'Augsbourg dans le parti luthérien. Mais on avoit un dessein encore plus général : car en faisant cette nouvelle Confession de foi commune aux défenseurs du sens figuré, on vouloit chercher des expressions dont les luthériens défenseurs du sens littéral pussent convenir, et faire par ce moyen un même corps de tout le parti qui se disoit réformé. Les députés n'avoient point de meilleur moyen d'empêcher la condamnation dont le parti luthérien les menaçoit. C'est pourquoi le décret qu'ils firent sur cette « commune Confession de foi » fut tourné de cette sorte : « Qu'il la falloit faire claire, pleine et solide, avec une claire et briève réfutation de toutes les hérésies de ce temps; en tempérant néanmoins tellement le style, qu'on attirât plutôt que d'aigrir ceux qui confessent purement la Confession d'Augsbourg, autant que la vérité le pourroit permettre1. »

La faire oiaire, la faire pleine, la faire solide, cette Confession de foi, avec unt, claire et courte réfutation de toutes les hérésies de ce temps, c'étoit une grande affaire, de beaux mots, mais une chose bien difficile, pour ne pas dire impossible, parmi des gens dont les sentiments étoient divers : surtout pour n'irriter pas davantage les luthériens si zélés défenseurs du sens littéral, il falloit passer bien légèrement sur la présence réelle, et sur les autres articles si souvent marqués. On nomma les théologiens « bien instruits des maux de l'Église, » c'est-à-dire des divisions de la Réforme, et des Confessions de foi qui la partageoient. Rodolphe Gaultier et Théodore de Bèze, ministres l'un de Zurich et l'autre de Genève, « dévoient mettre la dernière main à l'ouvrage, » qu'on devoit ensuite envoyer a à toutes les Églises pour être lu, examiné, corrigé et augmenté comme on le trouveroit à propos. »

Pour préparer un ouvrage d'un si grand raffinement, et empêcher la condamnation que les luthériens alioient faire éclore, on résolut d'écrire au nom de toute l'assemblée une lettre qui fût capable de les adoucir. On leur dit donc que « cette assemblée avoit été convoquée de plusieurs endroits du monde chrétien, pour s'opposer aux entreprises du pape, après les avis qu'on avoit eus qu'ils réunissoit contre eux les plus puissants princes de la chrétienté : » c'étoit à dire, l'empereur, le roi de France, et le roi d'Espagne; mais que « ce qui les avoit le plus affligés étoit que quelques princes d'Allemagne, qui invoquent, disoient-ils, le même Dieu que nous,» comme si les catholiques en avoient un autre, « et détestoient avec nous la tyrannie de l'antechrist romain; se préparoient à condamner la doctrine de leurs églises; et qu'ainsi, parmi les malheurs qui les accabloient, ils se voyoient attaqués par ceux dont la vertu et la sagesse faisoit la meilleure partie de leur espérance. »

Ensuite ils représentoient à ceux de la Confession d'Augsbourg, que le pape en ruinant les autres églises ne les épargneroit pas : « car comment, poursuivent-ils, haïroif-il moins ceux qui les premiers lui ont

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