‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 131 sur 210 · Jur. Arc. des Proph., 1 part., p. 71; 2 part., p · texte numérisé non relu

Jur. Arc. des Proph., 1 part., p. 71; 2 part., p

2. Jos Med. ad Ph. 2; Apoc, xvi, 3. - 3. Apoc, ibid. — 4. Med., ibid. 5. Apoc, xvi, 17.

de grands bruits, des tonnerres et des éclairs, et un si grand tremblement de terre, qu'il n'y en eut jamais un tel depuis que les hommes sont sur la terre: » c'est là, dit-il, la réforme1.

A la vérité ce grand mouvement convient assez aux troubles dont elle remplit tout l'univers: car on n'en avoit jamais vu de semblables pour la religion. Mais voici le bel endroit : « La grande ville fut divisée en trois parties. » C'est, dit notre auteur, l'Église romaine, la luthérienne et la calvinienne : voilà les trois partis qui divisent la grande cité, c'està-dire l'Église d'Occident. J'accepte l'augure : la réforme divise l'unité; en la divisant elle se rompt elle-même en deux, et laisse l'unité à l'Église romaine dans la chaire de saint Pierre qui en est le centre. Mais saint Jean ne devoit pas avoir oublié qu'une des parties divisées, c'est-à-dire la calvinienne, se rompoit encore en deux morceaux; puisque l'Angleterre, qu'on veut ranger avec elle, fait néanmoins dans le fond une secte à part : et notre ministre ne doit pas dire que cette division soit légère, puisque de son propre aveu on se traite de part et d'autre «comme des excommuniés2. » En effet, l'église anglicane met les calvinistes puritains au nombre des non conformistes, c'est-à-dire, au nombre de ceux dont elle ne permet pas le service, et n'en reçoit les ministres qu'en les ordonnant de nouveau, comme des pasteurs sans aveu et sans caractère. Je pourrois aussi parler des autres sectes qui ont partagé le monde en même temps que Luther et Calvin, et qui, prises ensemble ou séparément, font un assez grand morceau pour ii'êire pas omises dans ce passage de saint Jean. Et après tout, il falloit donner à la réforme un caractère plus noble que celui de tout renverser, et une plus belle marque que celle d'avoir mis en pièces l'Église d'Occident, la plus florissante de tout l'univers; qui a été le plus grand de tous les malheurs.

{. Ace, 2 part.,ch. vin, p. 122. — 2. Ci-dessus, liv. XII, n. 43.

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