I Cor. xv, 10. — 2. Loc. cit., cap
3. Ubi supr., c. 7, 8. — 4. Sess. xiv, c. 8. — 5. Conc. Araus. H, c. 25
devenir, ou pour n'avoir pas voulu demeurer dans la grâce qu'ils avoient reçue l. »
Ainsi quand une question a éfé une fois jugée dans l'Église, comme on ne manque jamais de la décider selon la tradition de tous les siècles passés : s'il arrive qu'on la remue dans les siècles suivants, après mille et douze cents ans on trouve toujours l'Église dans la même situation, toujours prête à opposer aux ennemis de la vérité les mêmes décrets que le saint-siége apostolique et l'unanimité catholique a prononcés; sans jamais y rien ajouter que ce qui est nécessaire contre les nouvelles erreurs.
Pour achever ce qui reste sur la matière de la grâce justifiante, je ne trouve point de décision touchant la certitude du salut; parce que rien n'avoit encore obligé l'Église à prononcer sur ce point : mais personne n'a contredit saint Augustin , qui enseigne que a cette certitude n'est pas utile en ce lieu de tentation, où l'assurance pourroit produire l'orgueil 2; » ce qui s'étend aussi, comme on voit, à la certitude qu'on pourroit avoir de la justice présente : si bien que l'Église catholique, en inspirant à ses enfants une confiance si haute qu'elle exclut l'agitation et le trouble, y laisse, à l'exemple de l'apôtre, le contre-poids de la crainte, et n'apprend pas moins à l'homme à se défier de lui-même qu'à se confier absolument en Dieu.
Enfin si l'on repasse ce qu'on a vu dans tout cet ouvrage accordé par nos adversaires sur la justification et les mérites des saints**, on demeurera entièrement d'accord qu'il n'y a aucun sujet de se plaindre delà doctrine de l'Église. Mélanchthon, si zélé pour cet article, avoue aussi a qu'on en peut facilement convenir de part et d'autre4. » Ce qu'il semble demander le plus, c'est la certitude de la justice: mais tout humble chrétien se contentera aisément de la même certitude sur la justice que sur le salut éternel : toute la consolation qu'on doit avoir en cette vie est celle d'exclure par la confiance, non-seulement le désespoir, mais encore le trouble et l'angoisse; et on n'a rien à reprocher à un chrétien qui, assuré du côté de Dieu, n'a plus à craindre ni à douter que de lui-même6.
Les décisions de l'Église catholique ne sont pas moins nettes et moins précises, qu'elles sont fermes et constantes, et on va toujours au devant de ce qui pourroit donner occasion à l'esprit humain de s'égarer.
Honorer les saints dans les assemblées, c'étoit y honorer Dieu auteur de leur sainteté et de leur béatitude; et leur demander la société de leurs prières, c'étoit se joindre aux chœurs des anges, aux esprits des justes parfaits, et à l'Église des premiers-nés qui sont dans le ciel. L'on trouve une si sainte pratique dès les premiers siècles6, et
i. Conc. Valent, ni, can. 2 et 5; Labb., t. VIII. col. 138 et seq.
2. De Corrept. et Grat., c. xiu, n. 40, tom. X, col. 772; De Civit. Dei, lib. XI., c. xur tom. Vil, col. 282.