‹ Œuvres choisies de BuffonChapitre 10 sur 126 · LES VOLCANS · texte numérisé non relu

LES VOLCANS

Les montagnes ardentes^ qu'on appelle volcans , renferment dans leur sein le soufre, le bitume et les matières qui servent d'aliment au feu souterrain, dont Tefifet, plus violent que celui dé la poudre et du tonnerre, a de tout temps étonné, effrayé les hommes et désolé la terre. Un volcan est un canon d'un volume immense, dont l'ouverture a souvent plus d'une demi -» lieue; cette large bouche à feu vomit des torrents de fumée et de flammes, des fleuves de bitume, de soufre et de métal fondu, des nuées de cendres et de pierres; et quelquefois elle lance à plusieurs lieues de distance des masses de rochers énormes, et que toutes les forces humaines réunies ne pourraient pas mettre en mouvement; Tembrasement est si terrible, et la quantité des matières ardentes, fondues, calcinées, vitrifiées que la montagne rejette, est si abondante, qu'elles enterrent les villes, les forêts, couvrent les campagnes de cent et de deux cents pieds d'épaisseiîr, et forment quelquefois des collines et des montagnes qui ne sont que des monceaux de ces matières en-

tassées. L'action de ce feu est si grande ^ la force de l'explosion est si violente, qu'elle produit par sa réaction des secousses assez fortes pour ébranler et faire trembler la terre, agiter la mer, renverser les montagnes, détruire les villes et les édifices les plus solides, à des distances même très- considérables.

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