L'HOMME EN SOCIÉTÉ
Parmi les hommes, la société dépend moins des convenances physiques que des relations morales. L'homme a d'abord mesuré sa force et sa faiblesse ,
il a comparé son ignorance et sa curiosité ; il a senti que seul il ne pouvait suffire ni satisfaire par luimême à la multiplicité de ses besoins ; il a reconnu l'avantage qu'il aurait à renoncer à l'usage illimité de sa volonté pour acquérir un droit sur la volonté des autres ; il a réfléchi sur l'idée du bien et du mal , il l'a gravée au fond de son cœur à la faveur de là lumière naturelle qui lui a été départie par la bonté du Créateur ; il a vu que la solitude n'était pour lui qu'un état de danger et de guerre y il a cherché la sûreté et la paix dans la société, il y à porté ses forces et ses lumières pour les augmenter en les réunissant à celles des autres : cette réunion est de l'homme l'ouvrage le meilleur; c'est de sa raison l'uisage le plus sage. En effet, il n'est tranquille, il n'est fort, il n'est grand , il ne commande à l'univers que parce qu'il a su se commander à lui-même , se dompter, se soumettre et s'imposer des lois : l'homme, en un mot, n'est homme que parce qu'il a su se réunir à l'homme.