A LA POLOGNE
Pologne ! tu t'élèves au-dessus des royaumes où l*héritia* de la couronne est donné par le hasard ; car, tandis que ta pleures le roi qui vient du mourir, tu transportes le sceptre de son fils à un autre, doutant delà sagesse et de la force de rhérilier direct.
Mais tu t'abandonnes à une destinée plus ténébreuse en* core, en choisissant un prince de hasard sorti d'une cour fastueuse, incertaine s'il t'apportera Tunion ou ^la division.
Cherche plutôt dans leur obscurité des Gâtons, des Minos, des Numa et des Trismegistes ; Dieu ne cesse d'en créer pour de telles fins.
Ceux-là dépensent peu et acquièrent beaucoup ; car ils savent que ce sont leurs vertus et leurs grandes actions qui les rendent immortels, et non pas une haute naissance.
AUX SUISSES ET AUX GRlSOiNS
SOMNET.
Si la liberté, don divio, vous approche plus du ciel que vos sommets élevés, ô rochers alpestres, pourquoi chaque tyran emploie-t-il les bras de vos ûls pour maintenir les au*
très nations dans l'esclavage ?
Pour un morceau de pain, ô Suisses ! vous répandez à flots votre sang, sans penser si c'est h tort 6u à raison que vous le faites; c'est pourquoi Ton méprise ensuite votre vakur.
Tout est pour les hommes libres. On refuse aux esclaves les vêtements et la nourriture des nobles, comme à vous la croix blanche (1).
Ah! redevenez libres, en vous unissant avec les héros, et reprenez aux rois corrompus ce qui vous appartient et que pourtant on vous vend si cher.
(1) N*étantpas nobles, les Suisses ne pouvaient pas être chevaliers de Malle.
SONNET
Un pauvre homme» allant de Rome à Ostie, fat dépouillé et blessé par des voleurs. Quelques moines le virent et se détournèrent, en récitant leur bréviaire.
Un évêque passa, et le regardant à peine, il nç l^i doaoa que des signes de croix et des bénédiction^; mais un cairr dinal, feignant de meilleurs sentiments, se mit à la poursuite fies voleurs, dans Fespoir de leur reprendre leur proie pour se Tapproprier.
Enfin, vint à passer un luthérien allemand qui niait les œuvres et n'affirmait que la foi; il recueillit le blessé, rhabilla et le guérit.
Quel est le plus méritant? Quel est le plus humain d'entre ces hommes ? L'intelligence cède-t-elle à la volonté, la foi Hux ouvres, iii parole k l'acte ?
Tandis que tu ne sais si ce que tu crois est boa et vrai pour toi et pour les autres» le bien que tu fais est certain pourteusl
DE CAMPâMELLA. 9&
CONTRE LES SOPHISTES, LES HYPOCRITES, LES HÉRÉTIQUES ETLES FAUX FAISEURS DE MIRACLES.
SONNET
âocùtt ne te dira : Je sois un tyran, pas t)ltts qn^on ne te dira : je suis Vanté-Christ Mais le plus habile et le plus misérable scélérat te vendra ta propre perte, sons le masque de la sainteté.
L'escroc, la courtisane et le vagabond n'emploient ^às d'aussi hypocrites astuces, et ils sont tenus pour pires ; powtant le tnal est moindre oft la trompei'ie est plus petite.
Ils sont faciles à terrasser, ces Samaritains et ces Pharisiens trompeurs que Dieu mit à la tête des nationSé Gardetoi d'eux.
Ce n'est pas par des paroles et des miracles qu'on doit prouver qu'on est bon, mais par des actes. La croyance contraire a mis beaucoup de faux dieux sur la terre.