AU SOLEIL DANS LE PRINTEMPS
Puisque ma prière n'est pas encore etancée, c'est à toi que je m'adresse maintenant, ô Phébus !
.îc te vois resplendir dans le signe du bélier, et je vois toutes choses se ranimer.
Tu rappelles à la vie tous les êtres languissants et moribonds.
De grâce, fais-moi renaître de même, moi qui t'aime plus que tout autre.
Gomment laisses-tu dans des cachots humides et ténébreux celui qui t'a toujours glorifié ?
Que je sorte de ma prison en même temps que l'herbe verte sort de la terre î
15/i POÉSIES
Tu fais sargir la sève des arbres» to la convertis en fleurs qui se changent ensuite eDes-mémes en fruits.
La glace se fond sur la terre et répand une eau pure daus son sein.
Tu réveilles de leur long sommeil les taupes et les blaireaux, et tu donnes des forces et du mouvement aux moindres vermisseaux.
, i^ ^firpents aigourdis se^jraqifflent soqs tes rayons; et moi, misérable, j'eiimli^»or(4ltiçb9fiiif»de^x9S.#E^!
f^judjflUjçmq ^» les m^^m nf^« j^veat vîvr^^ en Irlande; mais voici qu'à présent ib.«piQfllW^ilt,jl<,a*élever dans les airs.
Tout cela est un effet de cette force qui m*est refusée et que tu communiques par tes rayons.
Jésus, quoique mort, ressuscita dans cettç.swoi|i.|iîenfaisante, et moi je gémis vivant dans un affreux tombeau.
Les olives, quoique flétries^ reçoivent poi;^:tant çqçofe de toi assez de force pour pousser de petits germes, et moi, qui .^is vivant et non desséché comme elles» ainsi qu'un cadavre, je suis privé des faveurs de ta ,douce influence.
.S<ilei|ll ii:5*esj^ trQUfé de9 bomines qui .t*pDt déoié rintelligence «t la vie, et t'ont mis |ea cek.au-d^ssous dçs jar sectes!
J'ai écrit qu'ils étaient dés hérétiques, qu' jls se montraient ingrats et rebelles envers toi, et ils m'ont enterré 'vivant, parce que je t'avais défendu !
Tu réjouis i^r tes bienfaits les insectes fit «tes ennemis. Puisqu'il en est ainsi, il vaudrait donc mieux pour moi être un insecte ou ton ennemi I
Si je succombe, qui donc pourra t'estimer encore et t'appeler temple vivant, statue et face vénérable du vrai Dieu, flambeau suprême et resplendissant, père de la nature et souverain bienh^^rei^^^eç astres^.yie, ânieetj^ens de toutes les choses inférieures ?
C'est sons tes auspices que j'étudiai l'intelligence suprême.
. Les esprits des anges vivent heureux en toi ; à une vie si grande il fallait une demeure vivante.
Malgré ce que je suis, je ne te demande que cette pure lumière qui n'est pas même refusée aux animaux.
Si le destin s'y oppose, appelles-en pour moi à l'intelligence éternelle, qui ne peut rien refuser à son image la plus parfaite.
156 POÉSIES m CAUPANELLA.
Esprits célestes, demandez au Christ, héritier da monde, qu'il me donne sa lumière.
Dieu tout-puissant, j'implore ta justice contre les ministres impies qui m'enlèvent ce que, dans ta bonté, tu accordes à tous.
Prends pitié de moi, ô mon Dieu ! source féconde de toute lumière ; que ta lumière brille enfin pour moi !
FIN DJBS POÉSIES DG GAMPANELLA.