SCÈNE XXIII. i8i
MADAME nOBIN.
Je ne balance point; et pour faire plaisir à monsieur Mouflard, je me détermine à tout ce que vous voudrez. Voilà ma main , monsieur le chevalier.. M. mouflaud.
Comment , madame ?
LE CHEVALIER
Le boute-selle, monsieur Mouflard.
M. MOUFLARD
Mais nous sommes liés , madame et moi, par des engagements.
OhjCadédis! fussiez-vous liés du nœud gordien, je le coupe, c'est mon afraire;et nous ne nous quitterons pas que toutes nos conventions ne soient bien signées de part et d'autre , je les garde à vue.
M. MOUFLARD
Pour moi, je veux m'en retourner à Paris, je me déplais trop ici.
GUILLAUME
Oh î palsangué , vous j resterais ; vous êtes un incivil , monsieur Mouflard : ces messieurs vous auriont fait l'honneur de vous voir à cheval , il faut bian que vous leur fassiez sti de les voir marier.
LE CHEVALIER
C'est excellemment bien parler. Que les plaisirs succèdent à la crainte : nous avons ici des hautbois, bonne compagnie. Allons, Fronfu, ce petit bal d'armée que nous avons tantôt projeté'; et nous irons ensuite souper tous ensemble chez le cousin
Tli3.*tre. Comédies. 3. |6
i8a l.ï^S CURIEUX DE COMPJEGIN'E:.
Guillaume, où il aui-a soin de faire trouver un notaire.
GU ILLAUM E.
Oh ! parguenne , oui , je vous en réponds. Si tou« les curieux qui n'a vont que faire au camp y sont régalés comme ceux-ci , les officiers ne sei-ont morgue pas ruinés de ces visites-là, sur ma parole.
M. TOUVENEL.
I-iE bruit éclatant des trompettes Et le son bruyant des tambours.
Dans ces aimables retraites
Ne menacent point nos jours.
Venez, bourgeois, venez, grisettes , Venez , guerriers , venez , coquettes , Tout invite aux plaisirs, aux festins, aux amours.
Entrée de quatre officiers.
MADAME nOBIN.
Que j'aime un camp près de Paris, Là le plaisir vous accompagne, Et l'on y trouve des maiis
Choisis , polis ,
De tous pays.
Pour moi , je prétends , si je vis , Tous les mois faire une campagne.
LE CHEV.AMER
Heureuse madame Robin ,
11 a'étoit fait que pour Cellone
DIVERTISSEMENT. i8'
Ce cœur si fier que je vous doune ; Rendez grâce à votre destin.
De cette gaillarde aventure Oue direz-vous , race future ?
L'amour a mis dans le milieu d'un camp Le cœur d'un Gascon h l'encan.
Entrée de madame Robin et d'un ofHcicr.