‹ Œuvres choisies de DancourtChapitre 158 sur 172 · SCÈNE XT · texte numérisé non relu

SCÈNE XT

CHAM.LOÏ.

Parîïué , vous en sarvircz vous-même : ils allont faire la noce, et velà les ménétriers qui allont venir.

LE BAILLI

Comment, des ménétriers? la noce de qui?

La noce de Colette , que madame Julienne fait épouser à ce monsieur Clitandre.

LE BAILLI

Vraiment , vraiment , elle prend bien son temps .pour faire une noce. Oh! je troublerai la fête, sur ma parole.

CH AULOT.

ïlt vous ferez fort bian , monsieur le bailli..

LE BAILLI

La malheureuse I

charlot.

Acoutez, c'est une méchante femme : est-ce que vous sauriais queuqu'une ^c ses petites fredaines?

LE BAILLI

Oui , de ses petites fredaines , une bagatelle : elle a fait noyer son mari , seulement.

CHARLOT

Aile a fait noyer monsieur Julian? Velà pourquoi aile me mitonnoit, voyez-vous.

MADAME AGATHE

Ça ne se peut pas, monsieur le bailli, Je viens de le voir.

LE BAILLI

Vous avez rêvé cela , maclame Agathe ; il y a plus d'un mois c[u'il est défunt, je le sais de bonne part..

11 n'y a qu'un quart d'heure que j'ai quitté monsieur Julien, vous dis-je.

LE BAILLI

Oui , un faux monsieur Julien qu'elle aura attiré pour faire prendre le change.

MADAME AGATHE

Oh! point du tout, c'est le véritable : elle l'a vécu comme un vrai mari ; je l'ai aidée à le battre, moi, monsieur le bailli, puisqu'il faut vous le dire,

LE BAILLT.

Bagatelle, je ne donne point là-dedans; et nous avons, le procureur-fiscal et moi, commencé une procédure que nous soutiendrons vigoureusement, c H A n L o T.

Je vous le disois bian, madame Agathe, c'est un bian honnête homme , un bian habile homme que notre monsieur le baiJli.

MADAME AGATHE

Pîais le compère Julien n'est point défunt; ce 50;it des contes.

c H A n L OT.

Je crois pargué l>ian que si, moi; et s'il ne î'étoit pas , il faudroit qu'il le devcnît, puisque monsieur 1-^ bailli le dit : est ce que la justice est une menteuse , madame Agathe?

«CÈNE XV. *3i

LE BAILLI, i

Monsieur Chariot prend fort bien la chose; et il n'est pas qu'il n'ait quelque connoissance du tait.

CH ARLOT

Moi , monsieur le bailli ?

LE BAILLI

Oui, vous. Votre témoignage sera d'un grand poids dans cette affaire-ci.

Mon témoignage sera de poids?

LE BAILLI

Sans doute.

CH AIILOT.

Pargué, bon, tant mieux, velà de quoi me venger de madame Julianne. Ca, voyons, qu'est-ce qu'il faut que je témoigne, monsieur le bailli?

LE BAILLI

Ce que vous savez : on ne vous demande pas autre chose.

CH AU LOT

Morgue, Je ne sais rian ; mais tout coup vaille. Si vous voulez que je nous aimions , il faut dire comme moi, madame Agathe.

MADAME AGATHE

Je dirai la vérité.

CHAH LOT

Et moi itou. Mais aidez-nous à la dire, monsieur le bailii ; car ce que je savons , nous , vous qui «avez tout, vous le savez peut-être mieux que nous, par aventure.

a3a LE MARI RETROUVE/

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