‹ Œuvres choisies de DancourtChapitre 63 sur 172 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

LÉPINE

Oh! pour le portrait, je vous le rendrai. Celui qui a acheté la boîte n'en a point voulu; il est d'une vieille.

CLITANDUE.

Il faut me rendre tout, autiement tu peux bien

compter

LÉPINE, se Jetant à ses genoux.

Eh! miséricorde, monsieurl ne me perdez pas,' je suis un enfant de famille : mon grand-père est sergent, mon père cabaretier, mon oncle fripier et ma mère sa^e-femme ; ne déshonorez pas notre maison, je vous le demande en grâce.

GLITAN DUE.

Lève-toi. Que fais-tu ici? y as-tu q^uel(jue con-| noissance?

LÉ PINE

Si j'en ai? je suis un des premiers magistrats du village, monsieur; procureur-fiscal à votre service»

CUTANDUE.

Toi, procureur? et par quelle aventure?

LÉPINE

Ce n'est point par aventure, monsieur; c'est par raison. Je me suis de tout temps senti les inclinations preneuses, comme vous l'avez éprouvé vousmême; et parce que ces petites inclinations-là ont quelquefois de mauvaises suites , tant pour le repos de ma conscience que pour exercer ma passion dominante sans aucun risque, mes amis m'ont con-

seillé de me faire procureur. Mais que venez-vous

faire ici, monsieur? qui diantre vous j amène?

CLITAN DUE.

C'est ma compagnie qui doit y passer le quartier d hiver.

LÉPINt.

Votre compagnie?

CLITAN DUE.

Oui : j'ai demandé ce village au bureau, j'ai eu le crédit de l'obtenir, et j'j viens faire expirer sous le bâton, ou à force de persécutions, du moins, un maraud de procureur qui a eu l'insolence de se faire adjuger la terre de mon oncle.

LÉPINE

Je m'en étois bien douté; mon parrain ne sera pas tranquille dan-, ses petits États.

CLITANDUE.

Hem, que dis-tu?

LÉPINE

Je dis que ce maraud de procureur est mon par* rain, monsieur.

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