SCÈNE XXL
M. GRIMAUDIN, LE GREFFIER, MAU- GREBLEU, LÉPINE.
LE cheffier.
Il faut parler au capitaine, monsieur Grimaudin : il n'est pas naturel qu'on enrôle ainsi trois honnêtes bourgeois qui viennent de bonne foi che« vous pour...,
M. ORIM AtJDIN.
Ne vous mettez pas en peine , on me les reniera, vous dis-je, ou je ferai sonner le tocsin sur tous cei gens-là. Mes paysans me prêteront main-forte, lais-» »ez faire.
MAUGIIEBLCU.
Présente-moi donc, ûlleul, toi qui es en grâce.'
LÉPINE
Il ne sera pas nécessaire que vous en veniez à ces extrémités-là, mon parrain; et voilà un des premiers officiers de la compagnie qui vient ici vou» assurer....
M AUGREBLEIT.
Je suis bien votre serviteur , monsieur mon père ,' tt j'ai bien de la joie —
M. GRIMAUDIN.
Comment? Eh! c'est mon fils, c'est e« fripon de Chariot
io8 LES VACANCES.
Fort à votre service, mon père; mais ne m'appelez plus comme cela , je vous prie ; cela vous fevoit peut-être reprendre avec moi des prérogatives que je supprime. Je m'appelle monsieur Maugrebleu, lieutenant de cavalerie; que cela vous suffise, eî plus de familiarité, s'il vous plaît.
M. GRIMATJDIN.,
Tu es lieutenant de cavalerie?
MAUGREBLEU
Et vous seigneur de paroisse? Vous vous poussez dans la robe, je me pousse dans répée,ma sœur
se pousse baste , elle fait aussi fortune à l'heure
qu'il est; chacun se pousse à sa manière. Oh! nous sommes une famille bien fortunée /nous autres.
M. GRIIW AUDIN.
Qu'est-ce à dire, ta sœur fait fortune?
MAUGREBLEU
Oui, mon capitaine l'épouse, je la lui ai donnée en mariage; l'aumônier du régiment, qui est ici, en va faire la cérémonie.
M. GRIIM AUDIN.
Ab! ah! voici qui est admirable. Mais j'ai promis ma fille à monsieur que voilà, moi.
MAUGREBLEU
A ce visage-là? cet animal -là seroit mon beaufrère? je n'en voudrois morbleu pas poui' mon palefrenier.
BVIousieur Grimaudin?