‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 138 sur 361 · ACTE III, SCENE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV. i

L'Anglois va doublement repaîlre sa furie Du sanîî de nos g^uerriers et de notre infamie. C'est peu pour Edouard dimmoler six héros, Il veut qu'en, les livrant nous soyons leurs bourreaux.

Nous , placer sous le fer les têtes les plus cberes , Un père , des amis , nus enfants , ou nos frères ! Ah ! je frémis d'horreur, qu'on ose à des François Prescrire insolemment de si lâches forfaits, ( à Mauni. )

Qui peut les ordonner , les commettroit sans doute. C'est la honte, en ces lieux , non la mort qu on redoute.

D'un peuple vertueux le courage éprouAC , Par un an de combats , doit vous l'avoir prouvé : Et ses derniers moments vont encor vous l'apprendre.

Tombons, braves amis, sous notre ville en cendre. [ à Alic'uor.)

Vous nous l'aviez bien dit : c'est l'unique secours Qui sauve notre gloire au défaut de nos jours. Privons notre ennemi, par cet effort insigne , Du fruit de ses exploits , dont il se rend indigne. ( à Mauni.)

Qu'aux yeux de l'avenir la place où fut Calais Consacre nos vtrtus , atteste vos forfaits , Et soit le monument le plus brillant peut-être Que l'amour des François ail offert à leur maître. ( les Lourgeois font un pas pour sortir. ) HARCOURT, impétueuseuieut.

Non , braves citoyens , non, je ne puis souffrir Cette sublime horreur oii je vous vois courir. Je prétends , envers vous, expier ma victoire ; Et chéri d'Edouard , je vais sauver sa gloire. Je dois à mon honneur, au sien, à vos vertus.

i64 LE SIEGE DE CALAIS.

D'arracher le bandeau de ses yeux prévenus. J'eruploîrai tous mes droits, tout... jusques à mes

larmes...

( avec dépit. )

C'estp.tr moi qu'il n'a pins à craindre d'autres armes. Mais s'il me rejetoit, si l'orgueil du bonheur A tout ce qu'il me doit jiouvoit fermer son cœiïr, Je oonfondrois mon sang au sang des six victimes ; Et ce mélange heureux 2)Ourra laver mes crimes. Vous verrez qu'un cruel , artisan de vos maux, Peut encore mourir de la mort des héros. ( à Aliéuor. )

Mon cœur, en vous perdant , regrettera la vie : Mais mon dernier regret sera pour ma patrie.

( il sort. )

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