‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 180 sur 361 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

EDOUARD, ALIEXOR, MAU M , gardes.

EDOUARD, furi eux

O colère enflammée... !

L'accord de deux rivaux n'est donc qu'un vain bonheur...!

Ingrate nation qu'a chéri mon erreur, le vais justifier l'horreur que j e t'inspire : Qui ne peut te soumettre osera te détruire. Si je ne puis régner dans les murs de Paris , Tremble , je régnerai sur leurs sanglants débris. C'est ici le dépôt de vengeance et de haine D'où j'enverrai la mort aux rives de la Seine ; Je ferai de la France un plus affreux désert Que celui qu'à mes yeux ces remparts ont offert : On verra , sous les coups d'un vainqueur et d'un

maître , Dans la flamme et le sang vos cites disparoitre : Que de la Loire au Rhin , des Alpes aux deux mers, DE BELLOI. I. 12

2o6 LE SIEGE DE CALAIS.

Des nuages de cendre obscurcissent les airs ; Qu'immolés à l'instant, ce maire et ses complices D'un courroux immortel consacrent les prémices. ( il tonite dans uu fauteuil , tout hors de lui. ) M AU N I.

Seigneur... '

É DOU ARD

Allez, vous dis-je.

ALIÉNOR

O transports pleins d'horreurs!

Altiere ambition , voila donc tes fureurs ! Tu fais de l'homme un tigre ; et ta rage effrénée...

EDOUARD, s'apercevaut que Mauui ne part point. Avez-vous entendu la loi que j'ai donnée.** Qu'on les mené à la mort.

M A u N I , sans dureté.

J'ai suivi vos drapeaux Pour guider vos soldats et non pas vos bourreaux : Seigneur, je vous l'ai dit, et vous devez m'en croire. Plus que votre faveur je chéris votre gloire : L' Anglois n'est point esclave en vous devant sa foi r Vous m'avez confié la gloire de mon roi, C'est un dépôt sacré dont j'aimois à répondre ; Si vous le retirez , j'eu vais gémir à Londre. Edouard, toujours assis.

( à un officier. ) Téméraire! sorte/.... Vous , allez m' obéir.

( Mauui et Tolficier sortent. ) AlilÉ N o R.

Harcourt vous abandonne , et Mauni va vous fuir ! O maire de Calais , sois sur de ta vengeance ! Ton rival de ta mort va répondre à la France.

EDOUARD, se levant.

Comment ! ce vil sujet , vous l'égalez à moi .?

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