‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 210 sur 361 · ACTE II, SCENE VII. Î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII. Î

Cependant...

GASTON

Croyez-moi, l'oubli de cette injure Est de mon amitié la marque la plus sûre. Mais quoi! je combattrois ce héros vertueux. !

(se parlant à lui-même.) Je sens trop qu'en secret l'espoir présomptueux Me dit qu'heureux vainqueur d'un mortel invincible , Gaston ne verroit plus de triomphe impossible ; Que la l'rance , l'Europe et l'univers entier De leurs guerriers en moi vauteroient le premier. Chassons d'un tel désir 1 orgueilleuse in/amie. J'entends gémir plus haut l'amitié , la patrie.

( à Avogare. ) Hélas ! j'aime Bayard ; et ce fer destructeur Au travers de ses flancs va rechercher son caui ; Ce cœur , de l'honneur pur asile véuérable , De toutes les A'ertus trésor mépuisali^. O guerrier citoyen qui Ils tout pour ton roi , Jusqu'à t'abaisser même à le servir sous moi , Ta, mourant par tes coups je t'ainierois encoie 1

( avec colère. ) Honneur, cruel honneur I je te sers et t'ahhorre : Et vous, lauriers affreux dont il faut me couvrir, Même en vous détestant je vole vous cueillir,

( à Altémore.) Vous, allez à Kayard reporter ma réponse.

( il le retient. ) Mais il est un obstacle , amis , et tout l'annonce. Si l'armée apprenoit ce dangereux hasard, Tous les cœurs entre nous f'ormeroient un rempart. Seuls maîtres du secret, gardez de le répandre.

(à Altémore.) Que Bayard dans une heure ici vienne se rendre :

DE BF.LLOI. 2. 2

38 GASTOIN" ET BATARD.

L'épée est ma seule arme et plaît à sa yalenr ; Contre Sotomaïore il fut ainsi vainqueur : Eloignons tout l'rançois. Avogare, Altémore, Vous serez nos témoins.

A VOG A- R E.

Moi :

GASTON

Ce choix vous honore,

( il fait signe à Altémore de partir, et celui-ci ol)e'it. ) AVOGARE, prenant la main de Gaston.

Mon fils !

GA STON.

Ciel ! Euphémie ! ah l trompons ses douleurs. Quels que soient mes destins.., vous essuîrez ses

pleurs.

Je vais donner mes soins , s'il faut que je succombe, Pour que l'élat triomphe en pleurant sur ma tombe. O Bavard] si )e meurs .j'acquitterai Louis ; Je veux , en t'accablant de bienfaits inouis . Rendre encorii|^)n vainqueur jaloux de ma mémoire, Et mettre ma défaite au dessus de ta gloire.

( il sort. )

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