ACTE IV, SCE^ E Y
Le François sous sa luain semble un coursier flexible , Qu'il sait, sau.s nul effort , presser ou retenir, Et dont la fîere ardeur s'étonne d'obéii. Tout-à-coup votre mort , à grand bruit annoncée , Fit reculer d'un pas une troupe avancée; Mais l'aspect de Nemours . dans le fond de leur
cœur.
Fait de ce pas honteux l'aiguillon de l'iionueur: « François , vengeons Rayard, s'il est viai qu'il suc-
« combe ; « Pourriez-vous , en fuyant , déshonorer sa tombe ? Ces mots et la rouf;eur de son front indigné, Quelques pleurs dont son œil étoit même baigné, Out décidé soudain du sort de l'Italie. Dans Bresse vainement le PLomain se rallie ; En vain le citoyen, sous ses toits renfermé , Verse sur les vaiïiqueurs le bitume enflammé ; J'ai vu ( ce que jamais on ne pourra comprendre) Trente mille guerriers 7 ardents à se défendre , Aidés de la nature et des travaux de l'art, Par dix mille François foicés dans un rempait; Et notre armée en ordre au fort de la tempête, ' ^, Comme un camp dessiné pour les jeux d'une feîè
B Jl Y A. R D , avec tranquillité.
On peut m'ôter ce fer, dùt-il trancher mes jours ; Je vois la France heureuse , et lui laisse Nemours. ( ou emporte Bavard. D'AIegre et UrLiu le suivent. ) À V G G A RE , à part , et regardant Bavard. Va, pour ce fier Aainqueur tu peux trembler encore; Tu le laisses en butte aux poignards d'Altémore.
E UPH É MIE.
Mon père, aux assassins ISemours abandonné, Comme Rayard sans doute en est environné : Je crains que, loin de vous , des conjurés perfldes, Ignorant vos remords, et de son sang avides ;
56 GASTON Eï BATARD.
Dans son triomphe aussi n'attentent sur ses jours.
Si vous veilliez sur lui...
C'est luon devoir, j'y cours, (^ à part. ) Mais je vois Altémore : et c'en est fait sans doute.
Ah.' son trouble m'apprend ce que mon cœur redouie.