DOM PEDRE, DOM FERNAND
Qdomfernand.
uoi! vous avez trouvé d'assez lâches niorte's Pour se vendre sans houte à vos désirs cruels.'* O trop fidèle cour du monstre de Navarre ! Contre la foi publique arrêter Transtamare! Pour un tel attentat si vous m'aviez choisi, Aux dépens de mes jours j'aurois désobéi. Tandis que , maîtrisant le destin des batailles , Edouard de Tolède assure les muiailles, Que l'aspect d'un héros ardent à vous servir Y retient tous les coeurs déjà prêts à vous fuir, Vous lui faites ici la plus sanglante injure ; Vous manquez à sa foi , vous le rendez parjure ; Et, de mépris sans nombre osant flétrir son nom Vous enlevez sa garde , et ravissez Rourbon .' Ah! quand il va savoir ce comble de l'outrage...
DOM PEDRE.
Lui-même est obsçrvé. J 'enchaîner li sa rage ;
i36 PIERRE LE CRUEL.
Il pense à tous ses vœux m'asservir d'un coup-d'œil ; Mon orgueil est jaloux d'insulter son orgueil. Le malheur m'imposa l'affront de me contraindre ; Mais , le péril passé , j'abjure l'art de feindre.
DOMFERNAND.
Dieu juste! Et votre frère .''Ah! peut-être il n'est plus.
DOM PEDRE, avec rage.
Il vit: grâce à Guesclin, mes coups sont suspendus. Guesclin m'est échappé. Ce mortel redoutable, Déployant de son bras la force inconcevable , A percé l'escadron qui l'avoit entouré, Et seul au camp rebelle a soudain pénétré : Yoilà , pour un moment , le seul frein qui m'arrête ; Si de l'usurpateur je iais tomber la tête , Les grands de la Castille, animés par Guesclin, Menacent de nommer un autre souverain ; Mais Dom Henri vivarat excite leurs alarmes ; Pour racheter ses jours , il faut quitter les armes : J 'exige , sans délai , pour prix de son pardon , Leur pleine obéissance , et la main de Bourbon. Gardes , amenez-moi Transtamare et la reine. Je l'ai revue encore : et je conçois à peine L'amour qu'en tous mes sens allument ses attraits : Il croît par ses mépris. Non , Padille et Pérès N'avoient jamais porté dans le fond de mon ame Ce feu tumultueux qui m'enivre et m'enflamme. Je sens à mes trans])orts que mon frère est heureux. Eh bien .' que leur amour me serve ici contre eux : Qu'ellepasse en mes bras pour sauver ce qu'elle aime, Ou que, tremblant pour elle, il la cède lui-même. ( il fait signe à Dom Fcrnand île se retirer.)