ACTE V, SCENE IX. sSï
FAY E L , ôtant le vase, et le donnant à un ganlc (pii l'emporte. ) Délivrez-la de ce spectacle horrible.
GjLbrielle, tendant les mains machinalement. Il t'arrache à mes mains , objet cher et terrible î th ! quel nouveau forfait a-t-il donc apprêté ."*
( regardant Fajel. ) Isaure , le vois-tu ? Ce tigre ensanglanté S'acharne à déchirer les restes du carnage. Vois ce coeur palpitant que frappe encor sa rage : Sous les couteaux tranchants j 'entends ce cœur gémir;
( Favel désole' tomLe sur un sie'ge. ) Vois ses lambeaux épars queFayel vient m'offrir. Arrête, monstre, arrête. Eh quoi! tes mains fumantes Osent porter ce cœur sur mes lèvres sanglantes !
FA Y E L
Dieu; suis-je assez puni. ^
GABRIEI, LE, respirant à peine , et d'une vois e'teinle.
Ce coup finit mon sort.
Tout mon sein se remplit des glaces de la mort I
(elle prend la lettre.) O moitié de mon cœur, à qui l'autre ravie Dans un trépas si long vécut anéantie , Avec toi je la sens enfin se réunir) Je renais un moment à mon dernier soupir.
( elle expire. ) FA Y E L , se levant avec transport.
Elle meurt! je la suis ; j'en vois la route sùie.
(^ à part. ) O parricides mains ! déchirez ma blessure ; Que mon ame et mon sang , qui brûlent de sortir, Par ce triste chemin se puissent affranchir .'
( il veut arracher l'appareil. 1
Secondez-moi , d'Armance; arrêtons sa furie.
FA. Y EL repousse AlLëric, se jette sur d'Armauce, lui prend son poignard, et se frappe.
Mon bras seul m'est fidèle, il termine ma vie.
( il tombe aux pieds de sa femme.) Ali ! j'exj)ire à tes pieds. Ami , qu'un seul tombeau Avec elle... et ce cœur enferme leur bourreau.
( il prend la main de Gahrielle. ) Ton ame fuit en vain mon ame qui l'adore ; Qu'à ta main , malgré toi, ma main s'unisse encore ! Impitoyable amour, où nous as-tu conduits? ( en se montrant. ) ( montrant Gabrielle. ) Les crimes... les malheurs,, voilà tes dignes fruits.