SCENE VI
TITUS, titellie; tullie.
TITUS
Où courez-vous, et d'où vient votre effroi .'' Ce tumulte , ce feu ne menace que moi. L'auriez-vous cru, madame.'* on me hait, on m'abhorre Dans Rome, et dans ce jour où tout dit qu'on m"a-
dore.
Dieux! faut-il qu'aux liumains Titus coûte du sang? le courois satisfaire aux devoirs de mon rang, Défendre mes sujets au péril de ma tète, Annius et ma garde en ce palais m'airête. () destin ! sur moi seul épuise ion courroux ; Ciel! ne frappe que moi , je bénirai tes coups. Cil s'appuie sur un fauteuil. )
A.CTE IV, SCENE YI. 5i
VITELLIE, à part.
Mes yeux avec pitié contemplent ma victime. Retirons-nous... Restons pour empêcher le crime. TITUS , se relevant, et jetant quelque* regards sur Yitellie.
Ah! que je m'applaudis d'avoir jusrjuVi présent Différé de ma main le funeste présent : De n'avoir point encore a trembler pour la vie D'une fidelle épouse à mes malheurs unie .' Si du choix glorieux qu'aujourd'hui javois fajt Un heureux coup du sort n'eût suspendu l'effet, Quelle terreur ici viendroit troubler mon ame !
VITELT.IE, à part.
Que dit-il .^est-ce moi...?
Vous frémissez, madame.^ Mes soins près de Fulvie ont rangé des soldats; C'est elle à qui mes vœux destinoient mes états ; Dans son asile sur allez, daignez vous rendre. Faites chercher Sextus , je vais ici l'attendre ; Aux portes du palais nous irons tous les deux Vaincre avec Annius, ou périr sous vos yeux. ( il se jette dans le fauteuil. )
viTELr.iE, à part, en se retirant.
Quel coup de foudre , ô ciel .' quand mon ame attendrie...
J'allois sauver l'ingrat... le sauver pour Fulvie .^ Non : qu'il meure ! il le veut , il m'arrache le cœur. Cruel, je t'abandonue au bras de mon vengeur.
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