‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 47 sur 361 · ACTE IV, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VIII

Sortons, et découvrons... ,

( il aperçoit Sextus , à qui ce mouvement a fait tomLcr le bras. )

Grands dieux, je vous rends grâce !

Cher et fidèle ami, tu vis, et je t'embrasse.

SEXTUS, liors lie lui.

Je ne m'y connois plus , et j'y succombe enfin ! Vous, seigneur, embrasser votre infâme assassin ! ( il lui montre sou poignard. )

T 1 T c s , avec éclat.

Toi, Sextus.^

s F X T r s , se jetant à ses pieds. Oui , moi-même : oui , ma main forcenée Dans ce vertueux sang brùloit d'être baignée. J'ai senti , malgré moi , le mien se soulever ; J'ai pu vouloir le crime , et ne puis l'acbever.

TITUS, a])rès un peu de silence.

Des traîtres t'ont conduit à ce crime effroyable. Que ne m'immoloient-ils sans te rendre coupable.'* En vain le glaive échappe à ton bras suspendu ; Que m'importent mes jours quand tu perds ta vertu .^ Mais je vois dans tes yeux un remords magnanime.

SEXTUS

Non, je ne suis qu'un monstre ; il faut laver mon crime.

(il veut se tuer lui-même. )

TITUS, le désarmant.

Arrête : on ne t'a pas donné ce fer pour toi , Sers des amis plus sûrs et plus tendres que moi ; Enfonce ici leurs coups.

( il met tranquillement le poignard sur sou propre cœur.

SEXTUS

Je rentre dans la poudre; Ces regards si sereins sur moi lancent la foudre. Ciel , anéantis-moi !

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