‹ Œuvres choisies de DescartesChapitre 15 sur 119 · DE LA SACRÉE FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE PARIS · texte numérisé non relu

DE LA SACRÉE FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE PARIS

Messieurs,

La raison qui me porte à vous présenter cet ouvrage est si juste, et, quand vous en connoîtrez le dessein, je m'assure que vous en aurez aussi une si juste de le prendre en votre protection, que je pense ne pouvoir mieux faire pour vous le rendre en quelque sorte recommandable, que de vous dire en peu de mots ce que je m'y suis proposé. J'ai toujours estimé que les deux questions de Dieu et de l'âme étoient les principales de celles qui doivent plutôt être démontrées par les raisons de la philosophie que de la théologie : car bien qu'il nous suffise, à •nous autres qui sommes fidèles, de croire par Li foi qu'il y a un Dieu, et que l'âme humaine ne meurt point avec le corps, certainement il ne semble pas possible de pouvoir jamais persuader aux infidèles aucune religion, ni quasi môme aucune vertu morale, si premièrement on ne leur prouve ces deux choses par raison naturelle ; et d'autant qu'on propose souvent

\ . Les Méditations furent écrites en latin par "Descartes et publiées pour la première fois en 1641. Six ans après, il en Çarut une traduction française, par M. le duc de Luynes, revue et corrigée par Descartes.

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