‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1005 sur 1244 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LYCANDRE, LE COMTE.

LYCANDEE.

Que veut dire ceci?

LE CQMTB.

J'ai mes raisons.

LYCANDBE.

Pourquoi Marquez-vous tant d'ardeur à l'éloigner de moi ?

LE COMTE

Aux regards d'un volet dois-je exposer mon père?

LYCANDEE. ,

Vous craignez bien plutôt d'exposer ma misère. Voilà votre motif. Et loin d'être charmé

oe voir près de vous , votre orgueil alarmé Rougit de ma présence. Il se sent au supplice. De sa confusion votre cœur est complice; Et , tout bouffi de gloire , il n'ose se prêter Aux tendres mouvements qui devraient l'agiter. Ahl je ne vois que trop, eu cette coq|onçtufeL

Qu'une mauvaise honte étouffe la nature. C'est en vain qu'un billet vous avoit prévenu; Et je me suis trompé, croyant qu'un inconnu Vous corrigerait mieux qu'un pire misérable , Qu'à toi yeux la fortune a rendu méprisable.

le comte.

Qui ? moi , je tous méprise 1 osez-vous le penser ? Qu'un soupçon si cruel a droit de m' offenser ! Croyez que votre fila vous respecte , vous aime.

LTflAMDSI.

Vous? Prouvez-le-moi donc, et dans ce moment

le comte. * [même.

Vous pouvez disposer de tout ce que je puis. Parlez; qu'exigez-vous?

LÏCANDER.

Qu'en l'état où je suis , Vous vous fassiez honneur de bannir tout mystère, Et de ine reconnoltre eu qualité de pire Dans cette maison-ci. Voyons si vous l'osez.

Songez-vous au péril où vous vous exposez?

LTCAKDBX.

Dois-je me défier d'une honnête famille ? Allons voir Lisimon. Menez-moi chez sa fille.

LB COMTE

De grâce, à vous montrer ne soyez pas si prompt. Vous les exposeriez à vous faire un affront. Vous ne savez donc pas jusqu'où va l'arrogance D'un bourgeois anobli, fier de son opulence? Si le faste et l'éclat ne soutiennent le rang , Il traite avec dédain le plus illustre sang. Mesurant ses égards aux dons de la fortune , Le mérite indigent le choque , l'importune , Et ne peut l'aborder qu'en faisant mille efforts, Pour cacher ses besoins sous un brillant dehors. Depuis votre malheur, mou nom et mon courage Font toute ma richesse; et ce seul avantage, Rehaussé par l'éclat de quelques actions , M'a tenu lieu de biens et de protections. J'ai monté par degrés , et , riche en apparence , Je fais une figure égale à ma naissance ; Et , sans ce faux relief, ni mon rang ni mon nom N'auraient pu m'introduira auprès de Lisimon.

LYCAtTDEE.

On me l'a peint tout autre, et j'ai peineà vouscrrire : Tout ce discours ne tend qu'à cacher votre gloire. Mais pour moi qui ne suis ni superbe ni vain , Je prétends me montrer, et j'irai mon chemin.

(IlT<

LE COMTE . le retenu*.

Différez quelques jou rs ; la faveur n'est pas grande : Je me jette à vos pieds, et je vous la demande.

LYCAKDBE.

J'entends. La vanité me déclare à genoux

Qu'un père infortuné n'est pas digne de vous. Oui, oui, j'ai tout perdu par l'orgueil de ta mère, Et tu n'as hérite que de son caractère.

LE COMTE

Eh ! compatissez donc à la noble Gerté Dont mon cœur, il est vrai, n'a que trop hérité. Du reste, soyez sur que ma plus forte envie Seroit de vous servir aux dépens de ma vie. Mais du moins ménagez un honneur délicat ; Pour mon intérêt même évitons un éclat.

LtCANDKE.

Vous me faites pitié. Je vois votre foiblesse, Et veux, en m'y prêtant, vous prouver ma tendresse ; Mais à condition que si votre hauteur Éclate devant moi, dès l'instant....

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