SCÈNE VI CLÉON, LE COMTE, LE BARON
LE BAHON, bu, m la contemplant dp fond du Ibiltre.
0 la belle alliance, (bnt) D'un flatteur et d'un font Serviteur, serviteur.
CLEON . en «ourknt.
Qu'avez-vous? vous voilà d'assez mauvaise humeur,
LE BABON,
Olii, morbleu!
Pourquoi ce ton sévère?
LE BABON.
J'étois intime ami de défunt votre père.
CLBON.
Je sais cela. Passons.
LE BARON
Je puis même ajouter Qu'il connoissoit mon rang, s'avoit le respecter; Que , loin de se piquer d'une haute naissance , 11 mettoit entre nous beaucoup de différence ; Et que, reconnorssant de mes égards pour lui , 11 n'en abusoit pas comme vous aujourd'hui.
Ah! vous voulez prêcher, et me faire comprendre Que vous m'honorez trop enmeprenantpoor gendre.
LE BABOK.
Si je tous le disoîs.... je ne mentirais point : Mais il ne s'agit pas à présent de ce point. Je viens me plaindre à vous de vos folles dépenses. Quoi ! je serai témoin de tant d'extravagances, Et je les souffrirai!
CLiîos , d'un ton méprisant.
Mais, .monsieur le Baron, Vous le prenez ici sur tin fort plaisant ton.
LE BAKQN, en furie.
Mon ton n'est point plaisant.
CLBOII, nCeBlB.wrlBaL
C'est celui de mon père ; Je croiB» l'entendw encore.
'IE BAfKW.
H «voit bien affaire De suer, de veiller, d'entasser peur un Bis Qui prodigue des biens si durement acquis ! . CLBON. Ht encore pli» tort, et le Comte iumL Voilà comme il partoît. Ma foi, Je vous admire; Si ««on père vivait, H se pourroit mieui dire-, Mais le pauvre bonborame éMît nés-ennuyeux. Asseyez- vous , Baron : tous précheres bien, nûeux. ,
LB BABON . l'inevint bnuquement.
Ab! parbleu! volontiers. Ouvrez bien vos oreilles.
CLKUN elle Comte l'uterent aussi ilii-»I§ du Baron.
Assevons-nouS aussi , nous entendrons merveilles.
(d'un ton Ironique. ) (tu Comte, en riant,)
Ehbien1voiiGditesdoac?.,.fleriuterrompongpoint.
LB BABON.
Que yous êtes un fou ; voilà mon premier point. CLEOfl, au Baron.
tiJWt.)
Continuez, bonhomme. Il radote, le sire.
LB BABON.
Et voici mon second . Votre folie attire Chez vous mille flatteurs qui mangent votre bien , Et vous planteront là quand vous n'aurez plus rien. Ils vous vendent bien citer de basses flatterie», Tandis qu'ils font de vous cent fades railleries.
LE COMTE, ta BIP»
Et qui sont ces flatteurs?
LB BABON.
Qui ? vous tout le p
LE CDXTB.
Je pardonne à votre âge ; autrement....
Sansq Je dis la vérité ; c'est ce qui vous étonne : Mais je suis homme eneore à ne craindre pi
LB COMTE, m KMirfMil.
Avec des cheveux blancs on peut bien risquer tout.
CL1ÎOS, m Baron.
Votre discours est long. Quand serez-vous an bout?
LB BABUN.
M'y voici.
• CLÉOM.
Je respire. .
LB BABON.
- En faveur de Julie,
Changerez-vous, ou non , votre genre de vie? Songez qu'à votre perte il vous mène à grands pat.
Non, monsieur le Baron, je ne changerai pas. Je d'at que trop souffert de l'indigne avarice D'un père qui faisoit son bonheur de ce vice : Entassant jour et nuit un bien prodigieux, Il me laissoit languir dans un état honteux. Je n'avais point d'argent, de valets, d'équipage; J'étois contraint de fuir tous les gens de mon âge. Il est mort. Grâce au Ciel , tout son bien est à mot ; En faire un noble usage, est mon unique loi. Il haïssoit l'éclat ; et la magnificence Bst mon plus grand plaisir. Il fuyoit la dépense; Je la cherche , et me fais estimer et chérir Autant qu'il se faisoit mépriser et haïr.
01a belle leçon pour la plupart des pères! Ils se plaignent souvent les choses nécessaires. Pour qui ? pour des ingrats , pour des extravagants. Qui défont en un an l'ouvrage de trente ans.
CLÎOH.
Mais veut qui prétendes foire ici le capable , Le Marquis votre fils est-il plus raisonnable ?
LE BABON.
II a fait comme vous , il n'est plus qu'un escroc ; Et vous le deviendrez , quand par un juste choc