LE JOUEUR, ACTE II, SCENE XI
valeU , à Angélique.
Que je scrois heureux.
S'il vous plaisoit encor de recevoir mes vœux !
LA COMTESSE , 1 Vile».
Vous vous méprenez.
valeur, à ii eomteM.
INou. Enfin , belle Angélique, Entre mon oncle et moi que votre cœur s'explique ; Le mien est tout à vous , et jamais dans uu cœur...
LA COMTHSSE.
Angélique!
VALÈBB.
On ne vit une plus noble ardeur.
LA COMTESSE
Ce n'est donc pas pour moi que votre cœur soupire ?
VALÈBB.
Madame , en ce moment je n'ai rien à vous dire.
Regardez votre sœur; et jugez si ses yeux
Ont laissé dans mon cœur de place à d'autres feux.
Quoi ! d'aucun feu pour moi votre Ame n'est éprise ï
, VALÈBB. |
Quelques civilités que l'usage autorise...
LA COMTE SSB.
Comment?
ANGELIQUE
Il ne faut pas avec sévérité Exiger des amants trop de sincérité.
Ma sœur , tout doucement avalez la pilule.
LA COMTBSSB.
Taisez-vous, s'il vous platt, petite ridicule.
V ALÈHB , 1 la comtes*.
Vous avez cent vertus, ue l'esprit, de l'éclat; Vous êtes belle, riche, et...
LA COMTBSSB.
Vous êtes un fat.
ANGÉLIQUE
La modération , qui fut votre partage,
Vous ne la mettez pas, ma sœur, trop en usage.
LA COMTESSE
Monsieur vaut-il le soin qu'on se mette en courroux ? C'est un extravagant ; il est tout fait pour vous.
(Elle tort.)
VALÈBE, ANGÉLIQUE, KÉRIKE.
SERINE, à part.
Elleconnott ses gens.
VALEBB.
' Oui, pour vous je soupire,
Et je voudrais avoir cent bouches pour le dire.
NEKINE . lui I AngAllqae.
Allons, madame, allons, ferme; voici le choc: Point de foiblesse au moins , ayez un cœur de roc.
ANGÉLIQUE, bu 1 Nerim.
Fie m'abandonne point.
nshiNE, bai à Angélique.
Non, non; laissez-moi faire.
VALEBB.
Mais que me sert, hélas! que mon cœur vous pré- Que sert à mon amour un si sincère aveu? [ fère? Vous ne m'écoutez point, vous dédaignez mon feu. De vu* beani veut pourtant , cruelle , il est l'ouvrage. Je sais qu'à vos beautés c'est faire un dur outrage De nourrir dans mon cœur des désirs partagés; Que la fureur du jeu se mêle ou vous régnez : Mais...
ANGÉLIQUE
Cette passion est trop forte en votre âme Pour croirequel'smourd'aucunfeu vous enflamme. Suivez, suivez. l'ardeur de vos emportements ; Mon cœur n'en aura point de jaloux sentiments.
NBfiiNB. bu à Angélique. Optimi.
VALÈBB.
Désormais, plein de votre tendresse, Huile autre paasiou n'a rien qui m'intéresse, Tout ce qui n'est point vous me parolt odieux.
ANGÉLIQUE, d'un Ion plus tendre.
Non, ne vous présentez jamais devant mes yeux.
NEKINE. bi
Vous mollissez.
VALÈBE.
Jamais! quelle rigueur e Jamais! Ah 1 que ce mot est cruel quand ou aime! Hé quoi ! rien ne pourra fléchir votre courroux ? Vous voulez donc me voir mourir à vos genoux ?
ANGÉLIQUE. ('
Je prends peu d'intérêt, monsieur, à votre vie.
NEKINE, bu * Angélique.
Nous allons bientôt voir jouer la comédie.
VALÈBB.
Ma mort sera l'effet de mon cruel dépit.
NBKINB, bu à Angélique.
Qu'un amant mort pour uous nous mettroit en crév alèhb. [dit!
Vous le voulez? Eh bien! il faut vous satisfaire, Cruelle! il faut mourir.
( Il «eut tirer un épée. ) ANGELIQUE, l'arrêtant.
Que faites-vous , Valère t
NBRISI . bM à Angélique.
Eh bien ! ne voilà pas votre tendre maudit Qui vous prend à la gorge ! Euh t
OEUVRES DE REGNARD
ANGÉLIQUE, bas 1 Nérine.
Tu ne m'as pas dit, Nérine, qu'il viendrait se percer à ma vue : Et je tremble de peur quand une épée est nue.
NKHINE , k part.
Que les amants sont sots !
VALÈRE
Puisqu'un soin généreux Vous intéresse encore aux jours d'un malheureux , Non , ce n'est point assez de me rendre la vie ; Il faut que par l'amour, désarmée, attendrie. Vous me rendiez encor ce cœur si précieux, Ce cœur sans qui le jour me devient odieux.
ANGÉLIQUE, bu k Stria».
Nérine, qu'en dis-tu?
NÉRINE, but Angélique.
Je dis qu'en la mêlée Vous avez moins de cœur qu'une poule mouillée.
VALÈBB.
Madame, au nom des dieux, au nom de vos attraits...
ANGÉLIQUE
Si vous me promettiez...
• VALEBB.
Oui , je vous le promets, Que la fureur du jeu sortira de mon âme, Et que j'aurai pour vous la plus ardente flamme...
NERINE, k part.
Pour faire des serments il est toujours tout prêt.
ANGÉLIQUE
Il faut encore, ingrat, vouloir ce qu'il voua platt. Oui, je vous rends mon cœur. (
VALBBE , ballant 11 main d'Angélique.
Ah! quelle joie extrême!
ANGÉLIQUE
Et pour vous faite voir à quel point je vous aime, Je joins à ce présent celui de mon portrait.
( Elle lui donne son portrait enrichi de diamant». ) NÉRINE , l part. .
Hélas ! de mes sermons voilà quel est l'effet !
VALÈRE
Quel excès de faveurs !
ANGÉLIQUE
Gardez-le, je vous prie.
VALERE, le baiaauL
Que je le garde , 6 Ciel ! Le reste de ma vie.. Que dis-je ? je prétends que ce portrait si beau Soit mis avecque moi dans le même tombeau , Et que même la mort jamais ne nous sépare.
NÉRINE, k part
fQue l'esprit d'une fille est changeant et bizarre !
* ANGÉLIQUE
Ne me trompez donc plus , Valère ; et que mon cour Ne se repente point de sa facile ardeur..
Fiez-vous aux serments de mon àme amoureuse.
NKMNE , k part.
Ah ! que voilà pour l'oncle une époque fâcheuse !