‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 105 sur 1244 · TUOI · texte numérisé non relu

TUOI

Quoi ! monsieur la Ressource est mort ?

M"* LA RESSOURCE

Sobitement.

HECTOR, pleurant.

Subitement ? Hélas 1 j'en suis fâché vraiment.

(Bm à THere.} Ad fait.

VAL ERE

J'aurois besoin, madame la Ressource, De mille écus.

ï" LA RESSOURCE.

Monsieur, disposez de ma bourse.

VALËRR.

Je fais , bien entendu , mon billet au porteur.

HECTOR

Et je veux l'endosser.

M»* LA RESSOURCE

Avec les gens d'honneur On ne perd jamais rien.

VALRRE.

Je veux que tu le prennes.

Noos faisons ici-bas des routes incertaines; Je pourrais bien mourir. Ce maraud m'avoit dit Que sur des gages sûrs tu prêtais à crédit.

M™" LA BKSSOURCE.

Sur des Rages , monsieur ? c'est une médisance ; Je sais que ce serait blesser ma conscience. Pour des nantissements qui valent bien leur prix, De la vieille vaisselle au poinçon de Paris, Des diamants usés , et qu'on ne saurait vendre , Sans risquer mon honneur, je crois que j'en puis valérb. [prendre.

Je n'ai, pour te donner, vaisselle ni bijoux.

HECTOR

Oh! parbleu, nous marchons sans crainte des filous.

M™ LA RESSOURCE

Eh bien! nous attendrons, monsieur, qu'il voua en

yalrrb. [vienne.

Compte, ma pauvre enfant, que ma mort est cer-

Si je n'ai dans ce jour mille écus. [taine,

Ah! monsieur!

Je voudrais les avoir ; ce serait de grand cœur.

Ha charmante, mon cœur, ma reine, mon aimable, Ha belle, ma mignonne, et ma tout adorable.

HECTOR , t genou.

Par pitié.

R" LA RRSSOURCR.

Je ne puis.

Ab ! que nous sommes fous !

Tow ces gent-li . monsieur, ont des océan de cailloux ; Sans des nantissements il ne faut rien prétendre.

VALSER

Dis-moi donc, si tu veux , ou je les pourrai prendre.

HECTOR

Attendez... Hais comment, avec un cœur d'airain, Refuser un billet endossé de ma main ?

Hais vois donc.

HECTOR

Laissez-moi ; je cherche en ma boutique.

VALERE, bu 1 Hector.

Écoute... Nous avons le portrait d'Angélique. Dans le temps difficile il faut un peu s'aider.

HECTOR . bu 1 Valeit.

Ah ! que dites-vous là ? Vous devez le garder.

valèhe, bu ■ Hector.

D'accord : honnêtement je ne puis m'en défaire.

M1™ LA RESSOURCR.

Adieu. Quelque autre fois nous finirons l'affaire.

VALERE , à madame la Reaaource.

Attendez donc.

(Bu à Hector. )

Tu sais jusqu'où vont mes besoins. N'ayant pas son portrait , l'en aimerai-je moins ?

HECTOR, bu i Vllère.

Fort bien. Mais voulez-vous que cette perfidie?...

VAL ÈRE, bu 1 Hector.

Il est vrai. J'ai tantôt cette grosse partie

De ces joueurs en fonds qui doivent s'assembler.

M™* LA RESSOURCR.

Adieu.

VALERE, à madame la Reuource.

Demeurez donc : où voulez-vous aller?

' (Bu » Hector.)

Je ferai de l'argent; ou celui de mon père, Quoi qu'il puisse arriver, nous tirera d'affaire.

HECTOR , bu à Valeru.

Que peut dire Angélique alors qu'elle apprendra Que de son cher portrait ?...

VALERE, bu à Hector.

Et qui le lui dira?

Dans une beure au plus tard nous irons le reprendre.

HECTOR, bu à Vilère.

Dans une heure?

VALÈHE, bu ■ Hector.

Oui , vraiment.

HECTOR," bu à Vllère.

Je commence à me rendre.

VALERE , bM à Hector.

Je me mettrais en gage en mon besoin urgent.

HECTOR, bu t vilère, le considérant.

Sur cette nippe-là vous auriez peu d'argent.

VALERE, bu a Hector.

On ne perd pas toujours, je gagnerai sans doute.

OEUVRES DE REGNARD

HECTOR . baat VnlÊre.

Votre raisonnement met le mien en déroute. Je sais que ce micmac ne vaut rien dans le fond.

VALERE. bu à Hector.

Je m'en tirerai bien , Hector, je t'en répond.

(A madame la neawurce, montrant le portrait d'Angélique- )

Peut-on, sur ce bijou, sans trop de complaisance?..

H"*" LA BESSOUKCK.

Oui , je puis maintenant prêter en conscience ; Je vois des diamants qui répondent du prêt, Et qui peuvent porter un modeste intérêt. Voilà les mille écus comptés dans cette bourse-

VALÈRE

Je vous suis obligé, madame la Ressource. Au moins, ne manquez pas de revenir tantôt : Je prétends retirer mon portrait au plus tôt.

Mm' LA BESSOliECE.

Volontiers. Nous aimons à changer de la sorte. Plus notre argent fatigue , et plus il nous rapporte. Adieu , messieurs. Je suis tout à vous à ce prix.

{Kl

1 Adieu , juif, le plus juif qui soit dans tout Paris. SCÈNE XV.

VALÈRE, HECTOR

HECTOR

Vous faites là , monsieur, une action inique.

VALÈBB.

Aux maux désespérés il faut de l 'émé tique : Et cet argent , offert par les mains de l'amour. Me dit que la fortune est pour moi dans ce jour.

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