GÉRONTE, JULIE, LE BARON
OBRONTB. à Jolie.
En vertu de mon seing, et du seing du notaire, Vous voilà de mes biens unique légataire. Que le Ciel me punisse et m'abîme à l'instant , Sj dans mes volontés je ne suis pas constant , Et si du testament je révoque une ligne I
nui, Je sais par quel moyen je. dois m'en rendre digne, Monsieur, et je vous jure aussi de mon coté.....
OBBONTB.
N'achevez pas. Je veux qu'en pleine liberté [ge, Vous possédiez mes biens , sans que rien vous enga- Enversqtû que ce soit, au plus petit partage; Et que mon neveu même apprenne le premier Qu'il ne doit plus compter d'être mon héritier.
le BARON , à Gérante. [dre,
Vous avez très-grand tort. S'il n'a plus rien àcrain- Dans ses égarements qui pourra le contraindre ? Vous étiez le seul frein qui le retint un peu. Otez-lui ce frein-là, vous allez voir beau jeu!
Tant mieux pour lui.
LB BABON.
Oqi ; car pour moi j'opine Que pour se corriger il faut, qu'il se ruine. Alors ses faux amis , ses lâches séducteurs , Le laisseront en proie aux remords , aux douleurs : Il ouvrira les yeux , il counoltra les nommes , Et, s'étant convaincu que le siècle où nous sommes N'est que corruption , intérêt, fausseté, Lui-même il blâmera sa prodigalité.
Oo redoute l'éoucil quand-on a fait naufrage ; Et le malheur d'un fou sert à le rendre sage.
GÊHOHTE.
Cette sagesse-là lui coûtera bien cher!
roufc.
Ses partes désormais doivent peu vous toucher. Il est presque abimé , j'en suis trop avertie , Et j'ai de ses débris la meilleure partie.
OBROHTB.
La meilleure partie?
TOLIB.
Oui , sa terre est à moi ; Ses bijoux , son argent , ;' ai presque tout.
G «bouts-
Ma foi, J'en suis charmé, ravi.
JULIE
l'ai bien conduit ma barque, Et je la conduirai dans le port.
■ GÉIOH».
Je remarque .
Qu'une femme prudente , et qui se donne au bien , Vaut cent fois mieux qu'un homme.
LS BABOH.
Oui.
GÏBORTÊ.
Hais par quel moyen Avei-ïouspu?...
im.ii.
Tantôt vous saurez notre histoire ; Elle Tons surprendra. Hais voulez-vous me croire? En cachant à Cléon qu'il est déshérité, Quand vous le reverrez traitez-le avec bonté. Et laissez-lui penser qu'un excès de tendresse Calrue votre-courroux , eicuse sa jeunesse, Et daigne se prêter à ses égarements.
Vous donnerez matière à des événements Qui précipiteront ses regrets et sa perte , Kt uni rendront bientôt cette maison déserte.
GBKONTK.
Volontiers', a mon tour je m'en vais le berner. Et c'est un vrai plaisir que je veux me donner.
LE BABON.
Je vous seconderai , quoique peu propre à feindre: Mais il est des moments où l'on doit se contraindre; Et je sens comme vos» que Julie a raison.