‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1063 sur 1244 · GÉRONTE, JULIE, LE BARON · texte numérisé non relu

GÉRONTE, JULIE, LE BARON

OBRONTB. à Jolie.

En vertu de mon seing, et du seing du notaire, Vous voilà de mes biens unique légataire. Que le Ciel me punisse et m'abîme à l'instant , Sj dans mes volontés je ne suis pas constant , Et si du testament je révoque une ligne I

nui, Je sais par quel moyen je. dois m'en rendre digne, Monsieur, et je vous jure aussi de mon coté.....

OBBONTB.

N'achevez pas. Je veux qu'en pleine liberté [ge, Vous possédiez mes biens , sans que rien vous enga- Enversqtû que ce soit, au plus petit partage; Et que mon neveu même apprenne le premier Qu'il ne doit plus compter d'être mon héritier.

le BARON , à Gérante. [dre,

Vous avez très-grand tort. S'il n'a plus rien àcrain- Dans ses égarements qui pourra le contraindre ? Vous étiez le seul frein qui le retint un peu. Otez-lui ce frein-là, vous allez voir beau jeu!

Tant mieux pour lui.

LB BABON.

Oqi ; car pour moi j'opine Que pour se corriger il faut, qu'il se ruine. Alors ses faux amis , ses lâches séducteurs , Le laisseront en proie aux remords , aux douleurs : Il ouvrira les yeux , il counoltra les nommes , Et, s'étant convaincu que le siècle où nous sommes N'est que corruption , intérêt, fausseté, Lui-même il blâmera sa prodigalité.

Oo redoute l'éoucil quand-on a fait naufrage ; Et le malheur d'un fou sert à le rendre sage.

GÊHOHTE.

Cette sagesse-là lui coûtera bien cher!

roufc.

Ses partes désormais doivent peu vous toucher. Il est presque abimé , j'en suis trop avertie , Et j'ai de ses débris la meilleure partie.

OBROHTB.

La meilleure partie?

TOLIB.

Oui , sa terre est à moi ; Ses bijoux , son argent , ;' ai presque tout.

G «bouts-

Ma foi, J'en suis charmé, ravi.

JULIE

l'ai bien conduit ma barque, Et je la conduirai dans le port.

■ GÉIOH».

Je remarque .

Qu'une femme prudente , et qui se donne au bien , Vaut cent fois mieux qu'un homme.

LS BABOH.

Oui.

GÏBORTÊ.

Hais par quel moyen Avei-ïouspu?...

im.ii.

Tantôt vous saurez notre histoire ; Elle Tons surprendra. Hais voulez-vous me croire? En cachant à Cléon qu'il est déshérité, Quand vous le reverrez traitez-le avec bonté. Et laissez-lui penser qu'un excès de tendresse Calrue votre-courroux , eicuse sa jeunesse, Et daigne se prêter à ses égarements.

Vous donnerez matière à des événements Qui précipiteront ses regrets et sa perte , Kt uni rendront bientôt cette maison déserte.

GBKONTK.

Volontiers', a mon tour je m'en vais le berner. Et c'est un vrai plaisir que je veux me donner.

LE BABON.

Je vous seconderai , quoique peu propre à feindre: Mais il est des moments où l'on doit se contraindre; Et je sens comme vos» que Julie a raison.

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