LE BARON, FINETTE
LE BAROS.
Eh bien 1 a-t-on fini cette grande partie ? Ma fille en étoit-elle f
Oui,
LE BARON
A-t-elle eu du bonheur ?
FlflHTTE.
Épouvantablement.
ut BAROW.
L'expression est neuve.
F1KETTK.
Et conforme à l'histoire.
le l'ai vue arriver, et j'ai peine à la croire : Quand vous en douteriez, vous m'étonneriez peu. Ma maîtresse attendoit que l'on se mît an jeu: En entrant , Cidalise et Cléon l'ont brusquée , Et par cent traits malins l'ont vivement piquée. Plus elle étoit tranquille , et pinson larailloit : Mais sans rien répliquer, comme Cléon tailloit, Elle s'en est vengée en tentant la fortune. L'inconstant , qui trouvoit sa présence importune, Et vouloit s'en défaire en la poussant à bout , L'emtoit à risquer, offrant de tenir tout.
* Eh bien 1 a dit Madame, il faut vous satisfaire. « Ruinez-moi , monsieur, si cela peut vous plaire. " Je mets mille louis sur ces trois cartes-là. » Elle gagne d'abord. Très-piqué de cela!
Cléon , pour réparer une perte si dure , Lui fait autre défi ; toujours même aven pire. Jusqu'au trente et le va, leur fureur les conduit. Plus Cléon risque et tient, plus le malheur le suit. D'un sang-froid merveilleux, ma prudente mattr es- Pou r le mettre au néant , épuise son adresse, [se , Enfin, elle a gagné tout ce qu'elle a risqué, Et jusqu'à quatre fois elle l'a débanqué.
LB BAKOU
La fortune aujourd'hui paraît bien équitable.
FTKETTB.
Cléon jure, il fulmine , il renverse la table ; Et jetant sur Julie un regard furieux : Barbare, lui dit-il, otei-vouade mes veux. Elle, sans s'émouvoir, fait emporter sa proie, Et la suit sans marquer ni tristesse ni joie. A peine sommes-nous dans votre appartement, Que l'on vient la prier avec empressement , De la part de Cléon, d'excuser sa furie, Et de rentrer chez lui. Ma maîtresse, attendrie , Ne sait quel parti prendre, et balance long-temps; Un messager pressant vient d'instants en instants ; Elle rejoint Cléon, le calme, le console. ■ Madame, lui dit-il , je *ous.donne parole « Que quand sur moi le sort épuiserait ses coups ,
* J'expireroisplutôtquedem'enprendreàvous:[de;
* Mon respect en répond, l'honneur me le comman- « Mais je veux ma revanche, et je vous la demande. ■
LB BAEOPI.
Ciell
FIKXTTB.
Pour s'expédier, il lui propose nu jeu Dont l'inventeur, je crois , mériterait le feu.
LB BAHON.
De quel jeu parles-tu?
FTflETTB.
C'est au trente et quarante
Que Cléon a trouvé la fortune constante A le faire périr. Argent, billets, contrats, Meubles , carrosse , hôtel , tout a passé le pas Devant trente témoins consternés de sa perte , Et tout prêts à laisser cette maison déserte, Où, pour plumer leur dupe, ihm' ont plus nul moyen; Car tout est à Madame, et Cléon n'a plus rien.