LAPRESIDENTE, LE COMTE, LA COMTESSE, M. DES MAZURES
LA PBKSITJEWTE.
Eh bienl quand tiendrons-nous notre siège, pour juger mademoiselle Angélique?
I LB COMTE
Quand il tous plaira , ma chère Présidente. J'ai été à la buvette , et me voilà, pré t à Juger. i.
LA PUblDCITE, à 11 CMtfBMe.
Ahl bon Dieu ! qu'il est ivre I
LA COMTESSE
Nous ne le savons que trop. ,
LE COMTE, A !■ Préwdente. -
Je serai toujours de votre avis, pourvu qee vous soyez toujours do mien.
LA r-BXBIDEJfTfi.
Je ne m'engage point à cela *, et je vaux me conserver la liberté d'opiner , suivant les matières qui se présentent.
LE COMTE
Dites-moi un peu, ma princesse, où est votre benêt de mari ?
LA PEEUDERTE.
Mon benêt de mari, monsieur le Comte? Tous me permettre! de vous dire que mba cher époux ne mérite point cette épithète ridicule , et que les plus pures lumières de la raison et de l'équité ne peuvent discerner en lui qu'un magistrat trèsaccompli-
LE'COKTB.
Voilà une fort belle phrase , madame la Présidente ; mais , arec tout cela , monsieur votre cher époux est un fort vilain monsieur.
LA l'BBSIDEïïTE.
Tel qu'il est , monsieur , vous lui devez plus d'égards, et ùmoi plus de respect*, et je vous déclare que, selon mon idée, monsieur. le Président vaut bien monsieur le Comte.
m.obs MAiUREs, ai» pieedenui
Bravo !'
LB COMTE
Oh ! doucement , ma princesse. Je veux vous désabuser , et vous faise sentir .la différence qu'il y s entre un Comte et un Président. Pour vous en convaincre, ma reine, je vous propose gracieusement on tour de promenade dans le petit bols.
. LA PXBHDSRTX.
Dans le petit bois I avec vous seul 1 Vous aura la bonté de savoir, monsieur le Comte, que je n'ai jamais de téte-à-téte qu'avec mon cher époux.
LE COMTE
Oh bienl ma chère épouse n'est pas si scrupuleuse-: car je viens de la' trouver nez a nez avec monsieur des Masures.
LA COMTESSE
Quel mal y a-t-if a cela ? monsieur des Mazuna est un homme sans conséquence. ■
LE COMTE
Morbleu ! je me défie de ces nommes sans conséquence.
LA FBISIOBHTB. ■
Vous avez tort : ses pensées sont si sublimes , si épurées , si dégagées de la matière , qu'il n'est Jamais* question avec lui que de ce qui a rapporta l'esprit.
LE COMTE
Madame la Comtesse aime beaucoup l'esprit, j'en demeure d'acconf ; mais fiez-vous-en à moi , elle
n'est pointfâchée que...
LA COMTESSE
Je n'oublierai point tous vos outrages, monsieur, et vous m'en ferez raison quand voue aurez dormi.
Oui, oui, quand' j'aurai dormi, je voua ferai raison. En attendant, madame la Présiden ta va me faire raison de vous.
Moi?
LE COMTE
Vous-même.
LA PEEEIDEETS.
Et s propos de quoi , s'il vous plaît ?
LE COMTE
Vous me vengerez de l'activité de nia femme; et
moi , je vous vengerai de l'indolence de votre mari.
LA PBBaiDBNTB.
En vérité, mes areilles sont furiousmnent scandalisées de vos termes; tous mes m> se révoltent; je frissonne depuis -la tétc jusqu'aux pieds; et si Wna coauruttz , je m'en vais m'évanouir.
• XBCOMTB.
A votre aiso, ma princesse. Voiciunfauteni). II faut que je vous embrasse pour hâter l'évanouissement.
En ma présence?
LA PRX8IDBKTK. [La PrttWew paroD. ) Ab ! Quelle Insulte ! Encore si ce n'émit pas devant madame la Comtesse !