M- CATAU , LA RAMÉE , M» PIERRE , H* NICOLAS
M" CATAU
Eh Ment que font fi «es ivrognes? ils ne sont pas contents de boire jour et nuit ; il faut qu'ils viennent s'enivrer dans l'antichambre de Madame '
LA BAHEE.
A votre santé , madame Catau.
H* NICOLAS
Et rasade.
M' PTBREK.
' Tope.
H"» CATAU
Quelle insolence ! quelle vie ! quel désordre! Estil temps , messieurs les coquins , de faire ce trainlà ; dans le moment que des personnes de qualité arrivent au chSteau? Allez mettre > couvert, monsieur de la Ramée. Allez donner l'avoine à vos chevaux, maître Pierre. Pourquoi n'étes-vous pas à votre jardin, maître Nicolas?
K> NICOLAS, bOTint
Doucement, madame Catau; j'en suis sorti, parce que Madame s'y promène avec ce biau monsieur de ta cour qui lui rend visite tous les jours. Morgue! je ne suis pas sot, voyez-vous! ils ont loué la beauté de mon jardin ; mais je mesuis aperçu qu'ils le trouveraient encore plus biau , si le jardinier ù'y étott pas.
LA UAMKR.
Et comme nous nous sommes trouvés tous trois de loisir, que pouvions-nous faire de mieux que d'essayer, en buvant, si noua ne pourrions point nous donner du courage contre l'Esprit?1
M* NICOLAS boit.
Car, voyez-vous , madame Catau , je sommes tous trois d'opinion qu'on n'a jamais plus de courage que quand on est ivre.
H* PiEÇBB bo*t.
Il faut que vous sachiez , madame Catan , que je suis résolu de demander mon congé : car j'étois au service de Monsieur pendant qu'il rivoit; et, puis-
qu'il ett mort, m'est avis qu'il n'a prou besoin de cocher.
t A BAMBB.
Tout franc, l'Esprit de mon maître a tort de tenir sa veuve dans de continuelles, frayeurs , et de faire mourir de peur d'anciens domestiques qui l'ont servi fidèlement.
Il* RIGOLAS, frappant -tôt la UUbi
Parlaventrebille! je puis me vanter demi avoir
été tout dévoué Uni qu'il a vécu; mais je ne veux
point être le jardinier d'un homme qui revient , à
moins qu'il ne nie rehausse mes gages.
„» CATAU
Hom , les poltrons ! Ce sont eux qui , avec leurs contes impertinents , perdent ce château de réputa: tiun , et sont cause que mille gens y accourent de toutes parts. Les marauds s'effraient sans raison, et inspirent leur frayeur à tous nos voisina.
H* NICOLAS
Je nous effrayons ! dit-elle : jaraigué [je ne crains rien : entendez- vous , madame Catau! .
M-" CATAU.' y
Le maroufle ! voyez comme il fait le brave , parce qu'if est ivre.
M* SICOI.AS.
J'aurois peur d'un tambour, moi! Eh! morgue, il ne nous fera pas de mal. Tl ne fera point répandre de sang, sur ma parole. C'est un vrai tambour de milice.
LA BAMÉE.
An nom de Dieu, maître Nicolas, ne blasphémez point. Respectez l'Esprit et son tambour. H* PIEBHB. . ?
Tons avez tort, maître Nicolas, et vous serez cause qu'il nous arrivera quelque malheur.
H™ CATAU , à part
Bon. VoHà mes ivrognes aussi persuadés que je le souhaitois, qu'il revient un Esprit dans ce château.
Par la testédié ! je me goberge de l'Esprit , encore une fois. Je suis dans mon fort , et avec cette armela, je ne craindroîs pas le diable, s'il me montrait ses cornes.
s* PTEHBE.
Ah! maître Nicolas .vous vous perdez , mon ami.
M* NICOLAS
Oui , si le diable nr*apparoissoit à présent , je vous rétrillerois, je vous le sabdulerois, je vous le gratterois , je vous....
( on bal le ttuntwur, et m*Rre Nleolt» Ur tomber
Ah T Je suis mort. Miséricorde! ayez" pitié de moi , monsieur l'Esprit.
LA 1AXÂE.
Où courir ? où nous sauver F
H* P1RBHK.
A Dont noua cacher dans la cave.
(il* l'entaient I
M"* CATAU, -«nia, iprt- noir ri s* uni» m fera.
Les voilà disparus. Je nuis maintenant risquer une petite conversation avec mon Esprit familier. Hais fermons toutes les portes, de peur de surprise. Léandre! Léandre! (on bu la tambour.] Les ennemis sont en fuite. J'ai quelque chose à vous dire. Ouvrez et paraissez.