‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1232 sur 1244 · LA BARONNE, LE BARON, H-* CATAU · texte numérisé non relu

LA BARONNE, LE BARON, H-* CATAU

(LâBi

LE BÀBOH, t pirt.

Que j'ai déplaisir à la revoir! que je suis impatient de l'embrasser 1 Si je puis me convaincre que n» mémoire lui soit encore précieuse, je pourrai dire qu'en effet je ressuscite aujourd'hui : mais il fout que je suspende les mouvements de ma tendresse, et que je reprenne la gravité du personnage que je joue.

( 11 te promène . et fait plotiears cadet m lit

avec m luguf ue. j

LA BARONNE , t II. Pincé.

En vérité, cet homme-là est surprenant; tous mes domestiques m'ont dit la même chose : ils m'assurent qu'il aconneissance de tout ce qui s'est passé de plus secret dans ma maison, i au b*tod. ), Très-illustre et savant personnage, puis-je avoir un moment de conversation avec vous ?

LE BABON.

Asseyons-nous. (u. Flncéaori.) Parlez. Attendez que je tflte votre pouls.

LA BABONNE.

Quelle découverte pouvez-voua faire par ce moyen?

LB BARON

Votre pouls m'a déjà révélé un secret qui va vous étonner.

LA BARONNE

Quel est ce secret , je vous prie ?

LE BARON

Dans un quart d'heure vous aurez un mari.

Bon 1 Ce sera Léandre. Je commence à croire qu'il y a do vrai dans ce qu'il prédit.

LA BARONNB.

Ah, Ciel! vous voulez dire apparemment que feu monsieur le Baron rn'apparoltra une seconde fois.

LB BARON

Rassurez-vous, madame, vous n'aurez plus d'apparitions. Le mari dont je vous parle sera vivant , et de chair et d'os comme je le suis.

H"=« CATAU. i part.

II parle de mon homme , à coup sur.

LA BARONNR.

Vous me faites une prédiction qui ne s'aceom-

plira point; c'est ce que je vous prédis, moi. J'ai trop aimé mon premier mari , pour en pouvoir prendre un second.

u BABON.

Et moi, je vous assure qu'il n'est pas possible que vous ayez plus aimé le premier que vous aimerez le second.

Mme CATAU, ï part.

C'est assurément monsieur Pincé qui lui fait dire tout cela pour Léandre. J'aurai les mille écus.

LA BABON NB.

Ne me tenez plus ce langage, ou je perdrai tonte la confiance que j'avoii eu vous. Si vous aviez, connu feu monsieur le baron de l'Arc...

LK BARON

Je l'ai connu comme je me oonnoîs moi-même. Le premier jour qu'il vous déclara sa passion, je le vis près de vous, dans votre appartement à tenture de damas rouge, lorsque madame votre mère, sous prétexte d'aller recevoir une visite , vous laissa tête à tête avec lui.

LA DAROSM!, i part

Il m'étonne! (Haui.) Poursuivez , je vous prie. Rappelez-moi ces heureux moments.

LE BARON

D'abord vous fîtes rouler la conversation sur l'état de fille ; vous soutîntes qu'il étoit cent foisplus heureux que celui d'une personne mariée. Le Baron réfuta vivement ce discours, et vous ne vous obstinâtes pas long-temps à défendre votre thèse. Le Baron, charmé de cette docilité, baisa une de vos belles mains avec transport, et il pensa mourir de joie quand vous lui dites que, malgré les idées que vous vous étiez faites, vous ne laisseriez pas d'obéir aux volontés de votre mère.

LA BARONNE, s part.

Il n'omet pas une seule circonstance.

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