SCENE IX
LEANDRÉ, ISABELLE, LISETTE.
ISABELLE
Approchons-nous.
LÉANDHE, croyant pirler a Carlin, et aana Totr Iiabella dLHeUn.
Carlin , j'attends tout de ton zèle.
Si Clarice venoit à parler d'Isabelle , Dis-lui bien que mon cœur n'en fut jamais touché ; Par de plus nobles nœuds je me sens attaché. Isabelle est jolie ; au reste , peu capable De fixer le penchant d'un homme raisonnable. Malgré les faux dehors de sa simplicité, Elle est coquette au fond.
LISETTE, a Isabello.
La curiosité Vous pourra coûter cher, aux sentiments qu'il mon-
LÉANDRE , croyant répondre k Carlin. [ tre.
Mais me parleras-tu toujours de cette montre ? Eh bien ! c'est un malheur. Fais-lui bien concevoir Qu'Isabelle sur moi n'eut jamais de pouvoir. Et que mon oncle en vain veut faire une alliance Dont mon amour murmure , et dont mon cœur s'ofisabbllb. {fense.
Il ne m'aime pas trop , Lisette.
LBANDBB, croyant répondra a Carlin.
Oui, l'on ledit.
Cette Lisette-là lui tourne mal l'esprit; C'est une babillarde , en intrigues habile, Et qui, dans un besoin, pourrait montrer eu ville.
LISETTE , a Uahelle.
Voilà donc mon paquet, et vous le vôtre aussi. Lui dirai-je , à la fin , que vous êtes ici ?
LBANDBB.
Oui , tu pourras lui dire. Avec impatience J'attendrai ton retour ; va , cours en diligence. Que les hommes sontfous d'empoisonner leurs jours Par des dégoûts cruels qu'ils ont dans leurs amours I Je savoure à longs traits le poison qui me tue.
LISETTE
C'est pendant trop de temps nous cacher à sa vue ; Et je veux l'attaquer. Monsieur, si par hasard Vous vouliez bien sur nous jeter quelque regard.
LBANDBB, uni les voir.
Sans ce fâcheux dédit qui vient troubler ma joie , Je passerois des jours filés d'or et de soie.
LISBTTE.
Vous voulez bien , monsieur, me permettre à mon De vous féliciter sur votre heureux retoar ? [tour
LEANDRE , una le» voir.
Au pouvoir de l'amour, c'est en vain qu'on résiste.
OEUVRES DE REGNARD
LISETTE
Monsieur, par charité....
LKANDftB, uni tes voir.
Que le Ciel vous assiste.
LISETTE
.Sommes-nous donc déjà des objets de pitié ?
De tout ce qu'on me dit tous êtes de moitié.
( à Uaadre. ) Tournez les yeux sur nous.
(tOle le tire par la manche.) LHAHDEE.
Ah 1 te voilà , Lisette 1
LISETTE
Et ma maîtresse aussi.
LÉANDRE, I liabelle.
. Que ma joie est parfaite !
Jamais rien de plus beau ne s'offrit aux regards ; Les amours près de vous volent de toutes parts. Ata coup* de toi beaux veux qui pourrait m soustraire ? Et qu'on serait heureux si l'on pouvoit vous plaire
Bon ! votre cœur pour moi ne fut jamais touché ; Par de plus nobles nœuds vous êtes attaché: Je suis un peu jolie ; au reste peu capable De fixer le penchant d'un homme raisonnable : Malgré les faux dehors de ma simplicité, Je suis coquette au fond.
LÉANDBE.
C'est une fausseté.
Lisette, tu devrais, dans le soin qui t'anime, Lui faire prendre d'elle une plus juste estime : Tu gouvernes son cœur.
LISETTL.
Oui, quelqu'un me l'a dit, Cette Lisette-là lui tourne mal l'esprit; C'est une babillarde, en intrigues habile, Et qui pourrait montrer, en un besoin, en ville. Votre panégyrique a pour nous des appas. Quel peintre ! Par ma foi , vous ne nous flattez pas
LÉANDBE , à part.
Ah ! maraud de Carlin , dans peu ton imprudence Recevra de ma main sa juste récompense.
LISETTE
J'entends venir quelqu'un. Ah! Ciel! quel embarras! C'est madame Grognac qui revient sur ses pas.
ISABELLE
Lisette, que dis-tu?
Votre mère en personne.
Sa brusque humeur sur nous pourrait bien éclater : Aidez-moi , s'il vous plaît , monsieur, à l'éviter.
LEANDRE
Vous cacher à ses yeux est chose assez facile , Mon cabinet pour vous doit être un sûr asile ; Entrez-y.
ISABELLE
Volontiers. Mais que personne au moins Ne puisse nous y voir.
( Isabelle et Lisette entrent dam le cabinet de Uandre. J LÉ ANDRE.
Fiez-vous à mes soins.