LÉ ANDRE, CLARICE, CARLIN
( Léaadra «l plongé tu U rt verie. ) CLARICE , à part.
J'ai peine, en le voyant, à tenir ma colère.
CABLIN, bu à Clartce.
Ne parlons pas trop haut , de peur de le distraire.
clabice. { lieux
Tous voilà donc , monsieur ! Cherchez-vous en ces Que ma rivale encor se présente à mes yeux?
LBAHDRB, toc tanl de u rêverie.
Ah ! madame... à propos avez -vous lu ma lettre?
CLABICB.
Oui, traître! ma rivale a su me la remettre: Je la tiens d'Isabelle ; et le cas qu'elle en fait Peut me venger assez de ton lâche forfait.
LÉ AMD HE.
Un autre que Carlin en vos mains l'a remise?
Le maraud ! je saurai châtier sa méprise;
Je le rouerai de coups ; le coquin tous les jours
Lasse ma patience , et me fait de ces tours.
Je le vois. Viens çà , traître ; aux dépens de ta vie
Je veux tirer raison de cette perfidie.
Tu mourras de ma main.
CABLIN.
Ah ! monsieur , doucement , Grâce ; je n'ai point fait encor mon testament.
(.part) Non , je n'ai jamais tu de pièce d'écriture Faire tant de procès.
LEXNDHE.
Parle sans imposture.
Qu'as-tu fait de ma lettre? et quel affreux démon Te pousse à me trahir d'une telle façon ?
Moi , monsieur, tous trahir ! je tous sers avec zèle ; Je l'ai mise avec soin dans les mains d'Isabelle.
LEAN DU , Uraut Mo épée.
Et voilà pour ta mort l'arrêt tout prononcé.
CABLIN.
Quelle faute ai-je fait?
LÉANDRE
Quelle faute, insensé 1
CABLIN.
Oui , tous avez raison de tous faire justice.
LRAItDBB.
Ne t'avois-je pas dit de la rendre à Clarke ?
IcW-ec ..GoOglC
ŒUVRES DE REGNÀRD.
CARLIN
A Clarice , monsieur ? je veux être pendu , Si je me ressouviens de l'avoir entendu.
LEANDBE.
Mais le dessus écrit suffit pour te confondre. A ce témoin muet que pourras-tu répondre?
( à Clarice. )
Pour lui faire sentir son peu de jugement , De grâce prêtez-moi cette lettre un moment.
CARLIN, I part.
Boni c'est où je l'attends.
LEANDBE.
Viens , tête sans cervelle Lis avec moi, bourreau ; lis donc. . . « Pour Isabelle. <•
CABLIN.
Pouf! il faut l'avouer, vous avez, S mon gré, La présence d'esprit au suprême degré.
Lis donc , bourreau , lis donc.
LBANDRR.
Ah! de grflee, madame, Pardonnez mon erreur en faveur de ma flamme : Mon cœur n'a point de part au crime de ma main.
CLABICB.
Vous tâchez, inconstant, à me séduire en vain; Mais je ne reçois point un grossier artifice.
CABLIN.
Je réponds pour mon maître : il n'a point de malice; Et s'il n'étoit point fou, je veux dire distrait, Ceseroit, je vous jure, un garçon tout parlait.
LEANDHE.
Mais si vous avez lu le dedans de ma lettre , De ces soupçons cruels elle a du vous remettre.
Ma curiosité m'en a fait lire assez ; Je n'en ai que trop lu.
CAHLin.
Mon Dieu, recommencez.
En changeant le dessus,nous changeons bien la thèse. Vous avez le bras bon, soit dit par parenthèse. clarice m.
■ Je suis au désespoir que l'aventure du cabinet
■ vous ait pu donner quelque soupçon de ma fidé- « lité. Votre rivale ne servira qu'à rendre votre
■ triomphe plus parfait. Monsieur, par la présente,
■ il vous plaira payer à Damoiselle, en blanc, d'elle
■ valeur reçue , et Dieu sait la valeur. ■
CABLUt.
Fi donc , madame , fi ! vous moquez-vous de moi ? Cela n'est point écrit.
CLARICE
Vois donc.
CABLIN, à Uutiit.
Ah! par ma foi,
Votre méprise ici me parait fort étrange.
Quoi Ivosbillets d'amour sont des lettres de change?
Vous aurez bientôt fait votre paix à ce prix.
LÉÀNDHE.
C'est ce malheureux-la qui , pendant que j'écris , M'embarrasse l'esprit de ses impertinences.
J'ai diablement d'esprit: on écrit mes sentences.
CLARICE continue de Un.
« Oui, belle Clarice, je n'adore que vous, et fais « tout mon bonheur de vous aimer le reste de ma « vie. »
CARLIN, à Clarice.
Vous trouvez maintenant les termes plus coulants; Et vous ne venez plus pour étrangler les gens.
CLABICB.
Je respire. Ah! Carlin , c'est une joie extrême De trouver innocent un coupable qu'on aime ; Et que, sans nul effort , on fait un prompt retour Des mouvements jaloux aux transports de l'amour!
LEANDHE.
A mes distractions faites grâce , madame;
Nul autre objet que vous ne règne dans mon âme.
CARLIN, à Clirlce.
C'est une vérité; le plaisir qu'il reçoit Fait qu'il ne vous croit pas où souvent il vous voit. Voici monsieur votre oncle. A vos vœux tout cons- [pire.