‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 189 sur 1244 · LÉ ANDRE, CLARICE, CARLIN · texte numérisé non relu

LÉ ANDRE, CLARICE, CARLIN

( Léaadra «l plongé tu U rt verie. ) CLARICE , à part.

J'ai peine, en le voyant, à tenir ma colère.

CABLIN, bu à Clartce.

Ne parlons pas trop haut , de peur de le distraire.

clabice. { lieux

Tous voilà donc , monsieur ! Cherchez-vous en ces Que ma rivale encor se présente à mes yeux?

LBAHDRB, toc tanl de u rêverie.

Ah ! madame... à propos avez -vous lu ma lettre?

CLABICB.

Oui, traître! ma rivale a su me la remettre: Je la tiens d'Isabelle ; et le cas qu'elle en fait Peut me venger assez de ton lâche forfait.

LÉ AMD HE.

Un autre que Carlin en vos mains l'a remise?

Le maraud ! je saurai châtier sa méprise;

Je le rouerai de coups ; le coquin tous les jours

Lasse ma patience , et me fait de ces tours.

Je le vois. Viens çà , traître ; aux dépens de ta vie

Je veux tirer raison de cette perfidie.

Tu mourras de ma main.

CABLIN.

Ah ! monsieur , doucement , Grâce ; je n'ai point fait encor mon testament.

(.part) Non , je n'ai jamais tu de pièce d'écriture Faire tant de procès.

LEXNDHE.

Parle sans imposture.

Qu'as-tu fait de ma lettre? et quel affreux démon Te pousse à me trahir d'une telle façon ?

Moi , monsieur, tous trahir ! je tous sers avec zèle ; Je l'ai mise avec soin dans les mains d'Isabelle.

LEAN DU , Uraut Mo épée.

Et voilà pour ta mort l'arrêt tout prononcé.

CABLIN.

Quelle faute ai-je fait?

LÉANDRE

Quelle faute, insensé 1

CABLIN.

Oui , tous avez raison de tous faire justice.

LRAItDBB.

Ne t'avois-je pas dit de la rendre à Clarke ?

IcW-ec ..GoOglC

ŒUVRES DE REGNÀRD.

CARLIN

A Clarice , monsieur ? je veux être pendu , Si je me ressouviens de l'avoir entendu.

LEANDBE.

Mais le dessus écrit suffit pour te confondre. A ce témoin muet que pourras-tu répondre?

( à Clarice. )

Pour lui faire sentir son peu de jugement , De grâce prêtez-moi cette lettre un moment.

CARLIN, I part.

Boni c'est où je l'attends.

LEANDBE.

Viens , tête sans cervelle Lis avec moi, bourreau ; lis donc. . . « Pour Isabelle. <•

CABLIN.

Pouf! il faut l'avouer, vous avez, S mon gré, La présence d'esprit au suprême degré.

Lis donc , bourreau , lis donc.

LBANDRR.

Ah! de grflee, madame, Pardonnez mon erreur en faveur de ma flamme : Mon cœur n'a point de part au crime de ma main.

CLABICB.

Vous tâchez, inconstant, à me séduire en vain; Mais je ne reçois point un grossier artifice.

CABLIN.

Je réponds pour mon maître : il n'a point de malice; Et s'il n'étoit point fou, je veux dire distrait, Ceseroit, je vous jure, un garçon tout parlait.

LEANDHE.

Mais si vous avez lu le dedans de ma lettre , De ces soupçons cruels elle a du vous remettre.

Ma curiosité m'en a fait lire assez ; Je n'en ai que trop lu.

CAHLin.

Mon Dieu, recommencez.

En changeant le dessus,nous changeons bien la thèse. Vous avez le bras bon, soit dit par parenthèse. clarice m.

■ Je suis au désespoir que l'aventure du cabinet

■ vous ait pu donner quelque soupçon de ma fidé- « lité. Votre rivale ne servira qu'à rendre votre

■ triomphe plus parfait. Monsieur, par la présente,

■ il vous plaira payer à Damoiselle, en blanc, d'elle

■ valeur reçue , et Dieu sait la valeur. ■

CABLUt.

Fi donc , madame , fi ! vous moquez-vous de moi ? Cela n'est point écrit.

CLARICE

Vois donc.

CABLIN, à Uutiit.

Ah! par ma foi,

Votre méprise ici me parait fort étrange.

Quoi Ivosbillets d'amour sont des lettres de change?

Vous aurez bientôt fait votre paix à ce prix.

LÉÀNDHE.

C'est ce malheureux-la qui , pendant que j'écris , M'embarrasse l'esprit de ses impertinences.

J'ai diablement d'esprit: on écrit mes sentences.

CLARICE continue de Un.

« Oui, belle Clarice, je n'adore que vous, et fais « tout mon bonheur de vous aimer le reste de ma « vie. »

CARLIN, à Clarice.

Vous trouvez maintenant les termes plus coulants; Et vous ne venez plus pour étrangler les gens.

CLABICB.

Je respire. Ah! Carlin , c'est une joie extrême De trouver innocent un coupable qu'on aime ; Et que, sans nul effort , on fait un prompt retour Des mouvements jaloux aux transports de l'amour!

LEANDHE.

A mes distractions faites grâce , madame;

Nul autre objet que vous ne règne dans mon âme.

CARLIN, à Clirlce.

C'est une vérité; le plaisir qu'il reçoit Fait qu'il ne vous croit pas où souvent il vous voit. Voici monsieur votre oncle. A vos vœux tout cons- [pire.

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